Quand les femmes repensent le monde

Table ronde à Montréal pour l'événement Quand les femmes repensent le monde
Quand les femmes repensent le monde ou comment le récit féminin peut raconter le monde à sa manière, le réconcilier avec ses mémoires et panser ses blessures. Comment cette écriture crée des passerelles entre les cultures et les langues.

Table ronde proposée par le Parlement des écrivaines francophones

Festival Metropolis bleu, avril 2025

Quand les femmes repensent le monde

Joséphine Bacon, poète d’origine innue, qui se déclare « survivante d’un récit qu’on ne raconte pas », dit écrire « pour appartenir à l’histoire/ de celles qui avancent ». L’écriture, je la sens comme un couteau, l’arme même dont j’ai besoin » écrit Annie Ernaux.  « Écrire est, selon moi, poursuit-elle, une activité politique, c’est-à-dire qui peut contribuer au dévoilement ou au changement du monde ou, au contraire conforter l’ordre social, moral, existant ».

Notre table ronde a abordé les points suivants :

Comment le récit féminin peut raconter le monde à sa manière, le réconcilier avec ses mémoires et panser ses blessures. A ce travail qui consiste à revisiter le passé s’ajoute un rêve d’avenir qui n’est pas une utopie puisqu’il s’agit s’agit, simplement, d’ouvrir sur les possibles d’une humanité nourrie de valeurs essentielles et salvatrices., 

Comment cette écriture crée des passerelles entre les cultures et les langues. Jusqu’à quel point peut-elle changer les imaginaires et « refaire le monde », selon l’expression choisie comme thème du récent Festival international de la francophonie.  Les participantes ont exprimé un besoin urgent de ces utopies réalisables pour réparer le monde.

L’écriture comme « rapaillage » et invention d’un devenir au féminin.

Participantes : Joséphine Bacon, Yara el Gadban, Laure Morali.

Lise Gauvin, animatrice.

Plus d’infos :

DANS L’ACTUALITÉ | Denise Desautels

✨🌺 Denise Desautels, membre du Parlement des écrivaines francophones, était récemment à l’émission ICI Première de Radio-Canada. Nous avons aussi le plaisir d’annoncer que la poète fait son entrée dans le Petit Larousse Illustré 2026. Bravo pour cette belle reconnaissance !

ARTICLE | La caravane des Ecrivaines francophones est passée par Le Creusot et Torcy

Portrait des écrivaines participant à la Caravane au Creusot et à Torcy

La caravane de 5 écrivaines francophones de 5 pays différents initiée par le Centre Francophonie de Bourgogne (CFB) en partenariat avec le Parlement des Ecrivaines Francophones (PEF) a été reçue officiellement par Danièle PICARD, adjointe aux jumelages, en place du Maire David Marti, excusé.
Madame Picard s’est réjouie de la venue de ces visages de la Francophonie au Creusot, a rappelé le désir d’ouverture au monde de la ville à travers ses jumelages (Allemagne, Serbie, bientôt le Portugal) et son offre culturelle régulière, diverse et accessible au plus grand nombre.

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Article paru le 22 avril 2025 dans Le Creusot Infos

PODCAST | La française Claudine Monteil : « Je sais que grâce au féminisme, je ne me sens pas 75 ans »

Image du podcast femmes engagées Claude Monteil

La Française Claudine Serre Monteil est une féministe historique, écrivaine, historienne, et diplomate de carrière. Amie proche de Simone de Beauvoir, elle fut la plus jeune signataire du célèbre Manifeste des 343 et a dédié sa vie à défendre les droits des femmes.

Avec passion, elle revient sur son parcours marqué par ses combats pour le droit à l’IVG, son engagement auprès des institutions internationales pour les droits des femmes, et sa détermination à transmettre son héritage féministe aux nouvelles générations.

Claudine Serre Monteil nous parle également de son enfance dans une famille de scientifiques exceptionnels et de ses projets actuels, toujours guidés par une quête de justice et de liberté. 

Le Podcast

Jocelyne Adriant-Mebtoul Femmes du Monde et Réciproquement / 50-50 Magazine

Article publié dans 50/50 magazine le 6 mars 2025 – tous droits réservés

INTERVIEW | Carmen Boustani : « Le mérite des écrivaines méditerranéennes est de rapprocher deux rives »

Carmen Boustani est la première à introduire les écrits de femmes et la question du genre en 1980 à l’Université libanaise où elle est professeure. Elle a, à chaque sortie d’un livre des recensions dans la presse arabe et francophone, des invitations à donner des conférences dans les universités en France, Espagne, Maghreb et Liban, notamment pour les dernières biographies Andrée Chedid, l’Écriture de l’amour et May Ziadé la passion d’écrire.

Pourquoi avez-vous choisi d’orienter votre travail sur les autrices des deux rives de la Méditerranée ?

La Méditerranée a vu naître et disparaître de nombreuses civilisations, comme l’Égypte et la Mésopotamie qui se distinguent par des cultures différentes et complémentaires où la femme a joué un rôle malgré la domination d’une culture patriarcale. Si on remonte la mythologie, c’est de la côte libanaise de Sidon que fut enlevée Europe par Zeus créant un lien indissociable entre la Méditerranée orientale et le continent occidental. Lien que prolonge Didon, la fille du roi de Tyr (l’ancienne Phénicie), partie des rives du Liban pour bâtir Carthage.

La mythologie du bassin méditerranéen est marquée par de fortes présences féminines : l’image centrale n’est pas le père tout-puissant, mais la mère dans son rapport mère/fils. Aujourd’hui, le pouvoir des mères s’affirme malgré le legs écrasant de la religion. La figure de la mère est assimilée à celle de la langue dans une trilogie mère/terre/langue. C’est dans la langue française que j’ai choisi de parler d’une médiation d’imaginaires féminins unis par l’amour d’une langue. Le but est de montrer que la femme dit autre chose en partant de sa réalité dans cette Mare Nostrum qui reflète les contradictions Nord/Sud, Orient/Occident.

Pouvez-vous nous donner une idée des femmes méditerranéennes dont vous avez analysé les œuvres ?

Je me limiterai à quelques romancières ou nouvellistes du Maghreb et du Machrek pour ne pas m’étendre sur l’ensemble des œuvres des femmes du pourtour méditerranéen que j’ai étudiées. Sous l’influence du MLF de la rive du Nord va émerger le concept des femmes du Sud qui réclame une affirmation de soi. En effet, l’entrée de ces femmes en littérature rompt avec leur éthique qui leur interdit de parler d’elles-mêmes et offre une écriture marquée par le ‘je féminin’, les bruits, les saveurs et les gestes de cette Méditerranée des origines : en un mot une écriture du corps et du viscéral. Le mérite des écrivaines méditerranéennes est de rapprocher deux rives au départ antagonistes et deux civilisations divergentes la gréco-latine et l’arabo-musulmane.

Par exemple, parmi les Libanaises, Andrée Chedid dans Le Sommeil délivré (1952) décrit la victimisation de la femme arabe, critique le mariage des mineures et ses répercussions tragiques sur de jeunes adolescentes qu’on marie à des goujats de vingt ans leurs aînés. Vénus Khoury-Ghata, La maîtresse du notable, (1992) présente une héroïne, Flora, qui déshonore son rôle de mère méditerranéenne en courant la passion. Elle aime l’amour dont elle est l’objet plus que ceux qui l’aiment et suit un imaginaire masculin qui la dépossède de tout individualisme. Dominique Eddé dans Le cerf-volant, décrit un voyage hanté par l’angoisse du pays et les signes avant-coureurs d’une vie. Elle recourt à l’écriture pour recoller les morceaux d’un destin mobile entre les lieux de la Méditerranée et les différentes langues. La langue française reste pour la narratrice un sujet de divisions intérieures, d’admiration, plus qu’un sujet d’amour. Nadia Tuéni dans trois nouvelles posthumes Le Prétexte (1964), Du bleu anthrophagique (1964), Le temps des odalisques (1965) interroge le rapport à la Méditerranée, le rapport homme/femme et femme/eau. Abla Farhoud dans Le bonheur a la queue glissante (1989) présente le discours d’une femme libanaise illettrée et émigrée qui raconte sa vie dans son dialecte libanais à sa fille, une universitaire, qui la transcrit en mots de la langue française.

Je me permets de mentionner mon roman La guerre m’a surprise à Beyrouth (2011). Yasmina, seule dans un immeuble qui s’est vidé de ses habitants lors des bombardements israéliens sur Beyrouth en 2006, joue avec les mots sur son ordinateur pour ne pas avoir peur dans Beyrouth assiégé. Les mots font du sens pour décrire le rêve d’un livre. Cette résilience dans les épreuves caractérise les Libanaises. L’essentiel est de démontrer que les femmes sont porteuses de la pulsion de vie, elles préservent la mémoire, ramenant de l’humain dans l’inhumain des guerres.

Pour l’Égypte, je m’arrête à Ramza (1958) d’Out el Kouloub où la narratrice mariée contre la volonté de son père décrit sa rébellion mais aussi sa culpabilité. Elle relie la narration autobiographique à la chronique sociale.

Concernant le Maghreb, je mentionne Assia Djebar dans L’amour la fantasia (1995) qui cherche à retrouver, à travers l’histoire d’une petite fille allant au lycée français, la mémoire nomade des femmes de sa tribu. Dans N’zid (2001) de Malika Mokeddem la narratrice renaît non sans ambiguïté entre douleur et joie dans sa traversée de la Méditerranée comme un espace vide entre deux rives. Elle est décrite comme Ulysse au féminin. Nina Bouraoui dans Garçon manqué (2000) expose de courts textes à la manière d’Enfance de Nathalie Sarraute et oscille entre deux espaces géographiques l’Algérie et la France qui lui donnent une « identité de fracture » avec le dilemme de l’identité du père algérien et de la mère française.

C’est une littérature de l’opposition à l’ordre patriarcal établi, un règlement de comptes contre un monde créé par l’homme, faisant croire à la femme qu’elle n’a pas de salut en dehors de lui. La majorité des héroïnes de ce corpus choisi sont des rebelles et des révoltées qui cherchent à se réaliser loin de l’homme et à définir leur identité de femme.

Quelle est votre contribution à la transmission de la langue française et des écrits des écrivaines méditerranéennes ?

Je suis un mélange d’arabe et de français. Je pense en français bien que la communication et le glissement entre les deux langues soient pour moi une seule langue. Quand j’écris en français, j’essaie de réinjecter ce côté charnel, sensuel de ma culture de la Méditerranée orientale, que je revendique, comme pouvant être une partie du français, un français en couleur que j’ai essayé de transmettre à mes étudiant·es de master et de doctorat. Les études de lettres se féminisent de plus en plus et les garçons les désertent.

J’étais la première à avoir introduit les écrits des femmes et les théories du genre à la faculté des lettres de l’université libanaise en 1980. Au fil des années, un réseau s’est constitué de doctorantes où la notion de la différence devient un concept opératoire enseigné à leur tour par quelques-unes de mes doctorantes devenues des collègues à l’université libanaise ou dans les universités des Imarates, de la France ou des États-Unis grâce à la migration. L’intérêt porté aux études de genre s’explique par une forte demande chez la femme de la Méditerranée orientale notamment la femme voilée qui revendique sa liberté face aux traditions qui l’accablent.

J’organise aussi des colloques sur les femmes: Aux frontières des deux genres en hommage à Andrée Chedid l’année du sommet de la francophonie à Beyrouth soutenu par le ministre de la culture Ghassan Salamé et un autre Des femmes et de l’écriture, le bassin méditerranéen, avec Edmond Jouve en hommage à Vénus Khoury-Ghata en Quercy. Je dirige la Revue des lettres et de traduction à l’université Saint-Esprit à Kaslik dont la majorité des dossiers littéraires se déploie autour de la femme.

Je publie des essais sur le féminisme, la différence sexuelle et les écrits des femmes dont la majorité est concentrée sur les deux rives de la Méditerranée que j’aborde par le biais du politique, de l’inconscient du texte et de la sémiologie.

L’engagement de mon écriture et de mon enseignement est de faire connaître des femmes de lettres méconnues comme Madame Riccoboni, mon étude était le premier travail fait sur elle après une thèse à la BN qui lui a été consacrée en 1925, Madame du Deffand, Out el kouloub, et des femmes plus connues ou célèbres comme Colette, Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Nathalie Sarraute, Annie Ernaux, Camille Laurens, Isabel Eberhardt, Assia Djebar, Malikka Mokeddem, Andrée Chedid, Vénus Khoury- Ghata, May Ziadé

Il en ressort que la femme des deux rives de la Méditerrané s’affirme en disant je et en racontant son propre vécu que ce soit dans son propre pays ou un pays d’accueil. Le pouvoir de l’écriture qui soulève le rapport du pouvoir des sexes sera une compensation au pouvoir politique féminin souvent absent sur les deux rives, surtout sur la rive Sud.

Propos recueillis par Annie Richard Universitaire et autrice

Article publié le 6 mars 2025 par 50/50 magazine dans le dossier « Des autrices de la Méditerranée nous parlent des deux rives » – tous droits réservés

 

Des autrices de la Méditerranée nous parlent des deux rives – Un article de 50/50 magazine

Elles sont autrices de la Méditerranée et font partie du Parlement des Ecrivaines Francophones, créé en 2018 sous l’impulsion de Fawzia Zouary, journaliste et écrivaine tunisienne, avec le soutien de l’écrivaine Leila Slimani. Femmes des cinq continents, ce sont des passeuses de cultures, d’expériences singulières en même temps qu’universelles. Elles dialoguent par-dessus les frontières, les guerres et le passé colonial, pour faire entendre la voix unie des femmes, une voix unique qu’on entend peu. De leur langue d’origine à la langue française s’opèrent des transferts d’émotions, de sensations, de notions qui enrichissent l’héritage de la francophonie.

Après Marie-Noël Arras, éditrice des éditions Chèvre-feuille étoilée, naviguant entre l’Algérie et Montpellier, vous lirez Carmen Boustani vivant sous les bombes de Beyrouth, qui évoque notamment la féministe égyptienne May Ziadé, enfin la dramaturge turque Sedef Ecer dont la pièce E-passeur sera bientôt donnée à Avignon.

Vous découvrirez Nora Atalla, gréco-égyptienne, qui transporte du Québec ses « livres voyageurs » jusque dans les bibliothèques d’Afrique noire, puis l’autrice tunisienne Emna Belhaj Yahia qui vous parlera du premier mouvement féministe tunisien des années 70, enfin, l’écrivaine Aïcha Bouabaci évoquera pour vous son Algérie natale.

Universalistes comme les quelque 200 écrivaines du Parlement des Ecrivaines francophones, dont c’est la vocation, ces femmes de lettres tissent les liens d’une paix durable de l’une à l’autre rive de la Méditerranée.

Article publié sur le site de 50/50 magazine le 6 mars 2025 et signé d’Edith Payeux.

Des autrices de la Méditerranée nous parlent des deux rives – 50 – 50 Magazine50 – 50 Magazine | « les péripéties de l’égalité femmes/hommes » – https://www.50-50magazine.fr/2025/03/06/des-autrices-de-la-mediterranee-nous-parlent-de-lautre-rive/

Rencontres et dédicaces – Viktor Lazlo

Couverture de l'ouvrage de Viktor Lazlo "Mon cœur bruyant"

Du 29 au 31 mai

ILE SUR LA SORGUE – Festival du livre


Dialogue avec La Rata « Give it to me » sur le thème de la musique et des femmes.


Du 13 au 15 juin


COLLONGE BELLERIVE – Salon du livre


Précisions à venir


Les 27, 28 et 29 juin


CHATEAU DES MILANDES – Festival Joséphine Baker


Précisions à venir

https://www.grasset.fr/livre/mon-coeur-bruyant-9782246829553/

La Caravane des écrivaines francophones en Bourgogne

Programme de la Caravane entre le 9 et le 11 avril 2025

Les 9,10 et 11 avril 2025
Programme
La caravane des écrivaines
francophones du Parlement des Ecrivaines Francophones en Bourgogne

MERCREDI 9 AVRIL 2025 – 18H30

RENCONTRE-DEBAT, MEDIATHEQUE DE BLANZY (71-FRANCE) EN COLLABORATION AVEC L’ASSOCIATION « MINE DE LIRE ».

JEUDI 10 AVRIL 2025 

 

  • 9H45-11H15 : RENCONTRE-DÉBAT BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE DE TOURNUS (71) EN PARTENARIAT
    AVEC L’ASSOCIATION « LES EPICURIEUX ».
  • 13H30-16H30 RENCONTRES AVEC 4 CLASSES DU LYCÉE HORTICOLE DE TOURNUS (71-FRANCE)
  • 18H30 RENCONTRE-DÉBAT SUIVIE D’UN REPAS PARTAGE, À MÂCON (71-FRANCE), SALLE SALLE
    CHAMPLEVERT, EN PARTENARIAT AVEC L’ASSOCIATION « FEMMES SOLIDAIRES »


VENDREDI 11 AVRIL 2025

  • 9H15- 11H LIBRE-ÉCHANGE AVEC DES MAMANS DE QUARTIERS DANS LE CADRE DU « CAFÉ DES PARENTS ».
    MAISON DES FAMILLES TORCY (71-FRANCE)
  • 14H- 16H RENCONTRE AVEC DES FEMMES DE QUARTIERS « LE TRAIT D’UNION », CENTRE SOCIAL DE
    MONTCEAU-LES-MINES (71-FRANCE)
  • 18H30 RENCONTRE-DEBAT AU CENTRE CULTUREL C2 DE TORCY (71-FRANCE) SUIVIE D’UN REPAS PARTAGE

Hommage à Aimé Césaire

Hommage à Aime Césaire décédé le 17 avril 2008


JEUDI 17 AVRIL 2025, Ti-punch poétique à la Rhumerie au 1er étage,

de 19 h à 22 h 30


166, boulevard Saint-Germain, 75006 Paris.


Lectures à voix haute par des écrivains et comédiens de renom …
Suzanne Dracius | Amadou Gaye | Greg Germain
Dédicaces et cocktail dînatoire
Entrée libre et gratuite
Métro Mabillon