Quand les femmes repensent le monde

Table ronde à Montréal pour l'événement Quand les femmes repensent le monde

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Plus d’infos :

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CONCERT LITTÉRAIRE

🌺 Soirée mémorable le 5 octobre avec la pianiste Jeanne Amièle, la comédienne Pascale Montpetit ainsi que Lise Gauvin, membre du Parlement des écrivaines francophones. Leur concert littéraire « Journaux intimes au féminin » a été présenté dans la chapelle du château de Villers- Cotterêts, construit par François 1er, là où le français a été déclaré langue officielle de la France en 1539.
Cet événement s’est tenu à la Cité de la langue française dans le cadre du Festival international de la francophonie ayant pour thème « Refaire le monde » 🌺.

RENTRÉE LITTÉRAIRE

LANCEMENT | ✨✨✨ Si vous êtes à Montréal, nous vous invitons chaleureusement à assister au lancement du nouvel ouvrage de Lise Gauvin, membre du Parlement des écrivaines francophones. Pour plus d’informations, veuillez consulter les détails ici👇

À L’AGENDA

Venez écouter nos 15 parlementaires poètes à la librairie du Québec à Paris, le 19 juin à 18h 30. Elles vous liront des extraits de leurs récents recueils.

La Francophonie au féminin. Un espace à inventer. Montréal | 24-28.04.24

Festival « La Francophonie au féminin. Un espace à inventer »

Montréal. 24 au 28 avril 2024

Avec le Parlement des Ecrivaines Francophones.

Organisé par l’Académie des Lettres du Québec et BLUE MET METROPOLIS BLEU FONDATION.

Comité organisateur :

  • Monique Cormier, professeure, Université de Montréal
  • Carole Fréchette, membre de l’Académie des lettres du Québec et du Parlement des écrivaines francophones
  • Lise Gauvin, présidente du comité organisateur, membre de l’Académie des lettres du Québec, du Parlement des écrivaines francophones et du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture au Québec (CRILCQ)
  • Gérald Gaudet, président de l’Académie des Lettres du Québec
  • Flavie Isabelle Hade, directrice générale adjointe du Centre de la francophonie des Amériques
  • Marie-Pascale Huglo, membre du CRILCQ et directrice du Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal
  • Diane Régimbald, secrétaire générale de l’Académie des lettres du Québec et membre du Parlement des écrivaines francophones
  • Michel Robitaille, ex-délégué général du Québec à Paris et New-York et président du Conseil d’administration du Centre de la francophonie des Amériques.

Comité scientifique :

  • Carole Fréchette
  • Lise Gauvin
  • Émeline Pierre, écrivaine et professeure, membre du Parlement des écrivaines francophones
  • Diane Régimbald
  • Faouzia Zouari, fondatrice du Parlement des écrivaines francophones

Entrevue à TV5 Monde diffusée le 24/04/24 dans toute la francophonie !

Nos écrivaines à l’affiche | Lise Gauvin

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

  • 22 mars :    Lecture à la soirée d’ouverture des Nuits de la poésie, Pavillon Habib Bourguiba de la Cité universitaire de Paris.

L’événement se tiendra au Pavillon Habib Bourguiba de la Cité universitaire de Paris.

Sur scène :

  • James Noël, poète haïtien
  • Valérian Guillaume, artiste français
  • Lise Gauvin, poétesse canadienne
  • Denise Desautels, poétesse canadienne
  • François Massut, poète français
  • Accompagnements musicaux :
    • Akiko Yamazaki, contrebassiste résidente à la Maison des étudiants canadiens
    • Pascal Capetillo, Oskar Girardin et Ana Aleman, résidents à la Maison des étudiants suédois
    • Lucas Dorado, résident à la Fondation danoise

Autres évènements :

  • 26 mars :  « Les joues en feu », table ronde suivie de dédicaces,  FEU, Festival des femmes universitaires, Université de Créteil, Paris
  • 28 mars : Concert littéraire. Journaux intimes au féminin.  Avec  J Amièle et P. Montpetit, Maison des Étudiants canadiens, Cité universitaire, Paris
  • 2 avril :  Concert Musique et littérature. Écriture et musique au féminin. Avec J. Amièle et P. Montpetit,  Salle des Fêtes, Mairie du 6e, Paris.

Nos écrivaines à l’affiche | Lise Gauvin

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Lise Gauvin vous convie à la Bibliothèque Gaston Miron de la Sorbonne nouvelle à l’occasion de la sortie de son livre : « Des littératures de l’intranquilité » aux éditions Karthala.

« Trésor national » de Sedef Ecer : un roman théâtral | Lu par Lise Gauvin.

Le roman s’ouvre par un prologue, puis par le rappel de trois coups d’État, en 1960, 1971 et 1980, comme autant de coups de théâtre annonçant le lever de rideau sur une époque que le lecteur/spectateur découvre avec une curiosité mêlée de stupéfaction. Au premier plan évoluent une actrice et sa fille, l’une et l’autre embarqués dans une histoire qui jusqu’à un certain point leur échappe. Trésor national, de Sedef Ecer, écrivaine d’origine turque, membre fondatrice  et actuelle présidente  de l’Association du Parlement des écrivaines francophones, est un roman théâtral aussi bien dans sa forme que dans l’évolution du personnage principal associée aux grandes figures tragiques du répertoire.

Dans une Turquie en proie à de nombreux bouleversements, Esra Zaman, comédienne célèbre gratifiée par l’État du titre de Trésor national, partage son temps entre le mari, l’amant, la fille, les nombreux admirateurs mais surtout les rôles qui ont fait le succès de sa carrière. Sa dernière représentation sera celle de ses funérailles, qu’elle demande à sa fille établie en France d’organiser à distance. Cette articulation du récit en fonction des performances théâtrales est ce qui fait l’originalité du livre rédigé par une écrivaine surtout connue comme dramaturge. Quand je lui demande ce qui a dicté son choix du roman, elle me répond :

« J’ai voulu au départ écrire cette histoire pour le théâtre mais je voyais bien que la forme scénique ne marchait pas. Le récit qui était dans ma tête se déployait trop pour tenir en  1h30, il y avait trop d’idées, de situations, de personnages que j’avais conviés. Tout était trop pour le théâtre. »

Et d’ajouter que les droits d’adaptation ont été acquis par une compagnie théâtrale à qui elle laisse toute liberté de transformer le texte à sa guise, sans qu’elle y collabore directement car pour elle le « roman qui est né est un objet très personnel. » Un « objet » inspiré de fragments de vie par celle qui, comme la narratrice, a déjà fait partie de ces Enfants stars à Instanbullywood (titre d’une de ses pièces radiophoniques), mais un texte qui n’en reste pas moins un roman et non une autofiction, tient-elle à préciser.

Figure centrale du récit, Esra Zaman est une mère à l’excentricité légendaire, douée d’une inconscience permanente, capable d’oublier son enfant sur les plateaux de tournage tout comme les rendez-vous les plus importants. Elle-même fille de la première actrice musulmane à se produire sur une scène, la diva se transforme en fonction des rôles qu’elle joue, devenant successivement toutes les femmes qu’elle a incarnées : « Lioubov, Cordelia, Hedda, Clytemnestre, Aîcha, Macbeth, Masha, Djahidé, Roxelane, Nora, Sonia, Ophélie, Bérénice, Iphigénie, Blanche, Afifé ,,,, » Et son enfant d’avouer qu’elle ne sait plus « comment []]’aimer ». Cependant, c’est aussi cette artiste qui, alors qu’elle joue Lioubov, l’héroïne de La Cerisaie, offre à la narratrice une initiation au théâtre, cet art rendu possible « grâce à un artisanat qui exige qu’on rassemble une foule de petites impressions et qu’on les mette patiemment bout à bout pour qu’une histoire apparaisse enfin ». Autour de ces femmes gravite le père, photographe et reporter politique trop tôt disparu, l’amant au passé douteux et tout un cortège de références théâtrales associées aux événements historiques évoqués.

 Devenue adulte, la narratrice ne peut s’empêcher de s’interroger sur la signification du titre « Trésor national » attribué à l’actrice dans un monde où on entend à longueur de journées des formules « comme « fierté nationale », « sécurité nationale » union nationale », « défense nationale ». « Comment pouvais-tu te considérer comme “une figure nationale ” en sachant ce que ce mot voulait dire », demande-t-elle. La fille va jusqu’à accuser cette mère, ainsi que celle qui l’a précédée, d’avoir fermé les yeux sur les atrocités commises par les gens qu’elles avaient côtoyées : « Cette cécité filiale a fait de vous des Lady Macbeth, un rôle que vous avez toutes deux interprétées ». Mais le procès n’aura pas lieu et ce « mal de mère » restera sans écho. Le rideau se baisse sur une cérémonie qui se déroule exactement telle qu’elle avait été programmée.

Dans une des interventions publiques liées à la parution du livre, la romancière déclare : «J’écris en français mais j’ai gardé mon cerveau turc. J’ai quitté ma langue maternelle pour le français à dix ans ». Interrogée sur la signification de ce propos, elle me répond :

« Le français s’est imposé au bout d¹un moment. Je vis en France, c’est la langue de mon quotidien, c’est aussi la langue de mes lectures, de mes spectacles en tant que spectatrice.  Et les choses se sont décidées ainsi, au fur et à mesure des rencontres: une amie chanteuse m’a demandé d’écrire un titre pour elle, la chanson est devenue une scène, qui elle-même est devenue une pièce et qui a été lauréate du Centre National du Théâtre, puis j¹ai   continué. J’ai grandi sur les plateaux et au théâtre je me sens chez moi donc j’ai pu travailler la dramaturgie et la langue beaucoup plus sereinement. Mais le roman est une autre histoire ! Quant à mon cerveau turc et français, c’est un grand classique, tous les ‘bilingues connaissent cela! Lorsqu’on parle, écrit, lit, joue dans une langue, on se met dans un système émotionnel qui va avec cette langue, une zone du cerveau gère   probablement ce passage. »

Sur la scène du monde où chaque figurant vient faire une apparition plus ou moins remarquée, les personnages de Sedef Ecer ont ceci de particulier qu’ils échappent à tout cadrage définitif, participant de cette ambiguïté profonde qu’ils partagent avec les êtres de chair et de sang. Trésor national est un livre que l’on quitte à regret. Un roman qu’il faut relire.

Sedef Ecer, Trésor national, Paris, JC Lattès, 2021.