À L’AGENDA

Venez écouter nos 15 parlementaires poètes à la librairie du Québec à Paris, le 19 juin à 18h 30. Elles vous liront des extraits de leurs récents recueils.

Nos écrivaines à l’affiche | Muriel AUGRY

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Muriel AUGRY « Apéro poétique » aux Bains des Pâquis à Genève, samedi 30 mars 2024 à 11h (quai du Mont Blanc, 30)

Récital poétique «  Itineris » sur une musique originale de O. De Fé

Muriel Augry nous convie à un long et stimulant cheminement où les mots s’offrent l’exquise liberté de voguer à contre-courant. Rêve, absence rythment et riment avec découverte et surprise dans une fascination de l’entre-deux.

Instants de grâce poétique en Orléans

Rencontre et lectures poétiques

Pour les 25 ans du Printemps des poètes, la thématique nationale retenue est « La grâce », dans tous ses états.

A la Médiathèque d’Orléans, Mercredi 13 mars, 14h00

En collaboration avec l’association la Plume Légérienne, Orléans la source, les écrivaines du PEF étaient réunies pour une rencontre et lectures de poésies :

  • Muriel Augry
  • Tanella Boni
  • Cécile Oumhani
  • Marie-Rose Abomo-Mvondo Maurin

La Plume Légérienne :

  • Marie Cabreval
  • Elaz Ndongo Thhioye
  • Patricia Salmon
  • Jean-Pierre Simon

Table ronde au Pen Club sur  » La place de la nouvelle en France » en présence de Muriel Augry, Max Alhau, Cyril Roger -Lacan et Uli Wittmann. Paris. 25 Janvier 2022

Sous l’égide du PEN CLUB FRANÇAIS

Le 25 janvier 2022 à 18h00, aura lieu une table ronde au Pen Club sur  » La place de la nouvelle en France » aux cotés de Muriel Aury, Max Alhau, Cyril Roger -Lacan et Uli Wittmann.

Lieu :

Hôtel Blémont
11 bis, rue Ballu

75009 Paris

Nuit de la Lecture en Roumanie par Muriel Augry

Nuit de la Lecture en Roumanie

Le samedi 23 janvier 2021 a eu lieu à l’Institut français de Iasi, à l’extrême est de la Roumanie, près de la frontière de la République de Moldavie, une rencontre littéraire détonante ! Une rencontre littéraire féminine, via zoom, réunissant des écrivaines de trois continents : Europe, Afrique et Amérique du Nord.

Le but était de célébrer, comme dans de nombreux pays au monde et avec l’hexagone, la « Nuit de la lecture » sur le thème « Relire le monde » , avec localement un ajout : « Relire le monde, au féminin« .

Relire le monde s’imposait sans conteste en ces temps de pandémie et pouvait se décliner comme rêve d’aventures, désir d’évasion, découverte d’horizons plus ou moins lointains, sans bouger de chez soi. Mais aussi redécouverte de l’intime, réinvention d’un mode quotidien de fonctionnement, création de nouveaux vecteurs de socialisation. Un choix très vaste de « lectures » du monde.
Et bien sûr si chacun de nous relit le monde à sa manière, les écrivains ont ce rôle majeur de le faire découvrir au plus grand nombre à travers leurs écrits, qu’ils aient fonction de militantisme ou non.

Dans ce cadre, il nous est paru important de donner la parole aux femmes, celles qui se sont engagées en littérature pour affirmer au quotidien le rôle des femmes et être ainsi au rendez-vous de l’histoire. Six autrices appartenant au Parlement des Ecrivaines francophones ont donc répondu présentes : Tanella Boni, Catherine Cusset, Lise Gauvin, Liliana Lazar, Madeleine Monette et Faouzia Zouari.

Six femmes, critiques littéraires, journalistes ou professeurs conjuguant leurs métiers avec leur engagement dans l’écriture, réunies autour de leur passion pour la langue française. Des poétesses, des romancières, des nouvellistes issues d’horizons géographiques fort différents, mais animées d’une même énergie.

Les rassembler dans une visioconférence virtuelle de deux heures était une gageure et avait d’ailleurs suscité quelques perplexités chez certaines, mais le résultat fut au delà de nos attentes. L’écran disparaissait derrière les mots ; l‘émotion était palpable.

Ceux-ci prononcés en français par leurs autrices étaient repris en roumain par la comédienne et metteur en scène roumaine Dumitriana Condurache. Il y avait fine relecture dans une autre langue, relecture accompagnée par la mise en scène. Il y avait écho entre les genres. L’annonce biographique faite de façon concise, mais percutante par la professeur universitaire Simona Modreanu permettait d’avoir, pour le public en ligne, un aperçu du parcours de l’autrice et avait pour but de susciter la curiosité.

Pari tenu. Cette rencontre a semblé presque trop courte. Elle a suscité des désirs de traduction et de publication. Liliana Lazar, Catherine Cusset et Faouzia Zouari avaient déjà un ou plusieurs ouvrages traduits en roumain. Pour les trois autres, une fenêtre de lecture plus large s’est ouverte.

Les livres étaient en vitrine dans la librairie centrale de la ville, Cartea Romaneasca, et les medias locaux se sont intéressés à l’évènement, preuve de la francophonie et francophilie dans cette région d’Europe qui mériterait d’être mieux connue et débarrassée de certains préjugés.

Si « relire le monde » pouvait servir à cela, ce serait plus qu’œuvre utile. Que le livre et la littérature au féminin nous fassent voir le monde dans toutes ces nuances et sous de meilleurs auspices !

Muriel AUGRY
Directrice de l’Institut français de Roumanie à Iasi, Membre du Pen Club français

Chroniques du confinement – Muriel Augry : Demain sera lueur. Une île. En inconnu.

– I –

Demain sera lueur

Le printemps n’a plus de visage

Les ombres se sont rétrécies

Furtives elles frôlent l’asphalte

Sans mot

Le temps a décidé de s’arrêter 

         Sans préavis

         Aux quatre coins cardinaux

Solennité de l’inaccoutumé

L’heure est à l’attente

Demain sera lueur

Le 28 mars 2020

– II-

Une île

Une île sans badauds ni troubadours

Une île vide de rumeurs, de rameurs

Une île couleur sepia, couleur d’hier, couleur de guerre

Senteurs aseptisées

Odeurs âpres, ivres de rien

Une île sans jour sans heure ni minute

Nuits croisées sur des jours trop longs

Monologues au vent au bout du vent

Vitres sans tain pour existence sans faim

Soupirs des fenêtres aux volets entr’ouverts

Aboiement d’un chien inconscient

Dans l’ornière asséchée

Hululement du vaisseau sirène

Sur l’asphalte complice

Une île au souffle intermittent

A l’œil fébrile

 Un phare balaie le néant sur l’île de ce printemps

Sans nom

               -III-

  En inconnu

Fier comme un drapeau il essaie d’attraper la lune

Ce printemps

A trois doigts du ciel

Nuit de mer légère et croustillante

A l’enveloppe outremer

            Insolente

Au balcon de l’hôtel Capsa l’air est saupoudré de gris

La ville se hausse sur les talons

En bas l’orchestre reste sans mot

L’ouvreuse a déposé son sac sur la rangée sans spectateur

Rideau tiré sur une scène malade

Meubles entassés

Comédien en deuil

La fièvre rôde

Les existences s’enroulent 

    en inconnu

Le 08 mai 2020