L’Appel d’Orléans

A l’occasion de la manifestation « Les Voix d’Orléans – Carte blanche au Parlement des écrivaines francophones » qui s’est déroulée à Orléans du 07 au 09 octobre 2021, un texte écrit Fawzia Zouari :

L’Appel d’Orléans

Aux militantes, résistantes, actrices et acteurs de la société civile investis dans le combat féministe, nous voulons joindre notre voix pour dénoncer les aberrations qui durent :

  • Comment se fait-il qu’une planète qui compte pour moitié des femmes, continue à être dominée, commandée, gérée par une majorité d’hommes ?
  • Comment expliquer la présence minime des femmes dans les postes de décision et les organismes officiels?Ou dans des institutions internationales censées parler de paix et de tolérance et oubliant que ces deux valeurs sont d’essence féminine ?
  • Peut-on admettre que certains régimes politiques continuent à se définir comme des « démocraties », là où les femmes sont ostracisées, discriminées, parfois violées dans l’impunité totale ?
  • Peut-on parler de « Printemps révolutionnaires » à propos de révoltes qui échouent à établir une réelle émancipation des femmes quand elles n’aspirent pas ou n’appellent pas à leur asservissement.
  • Peut-on continuer à mesurer le progrès des sociétés à l’aune de leurs performances économiques, technologiques, ou leur PIB, là ou aucun progrès ne devrait mériter ce nom, s’il  n’inclut pas un PLR, – oui, inventons les mots et les initiales qui vont avec ! – : un Produit de Liberté réelle pour les femmes ?
  • Peut-on, tout simplement, adhérer à une formation politique ou une quelconque idéologie, sans s’interroger sur son positionnement sur la question féminine et peut-on définir le « progrès » autrement qu’un projet de société égalitaire et digne pour les femmes ?
  • Peut-on, pour revenir à l’actualité et donner un exemple concret, tendre la main au pouvoir des Talibans, sans tremper dans un crime, s’allier à la barbarie, la dictature et le féminicide sous toutes ses formes ?

Bref : Comment espérer une sortie des maux et des crises, en continuant à nier la  présence et l’apport des femmes ? Toutes ces séquences que nous traversons aujourd’hui, assaillis que nous sommes par la peur, le Covid, la perte des repères, les fractures sociales, les désastres humanitaires, les drames de l’immigration, la congrégation des mémoires douloureuses, les colères de notre planète, l’hostilité d’un environnement abîmé et détruit par nos caprices et nos abus, prouvent que nous avons tout à perdre si l’on ne comprend pas, une fois pour toutes, que la libération des femmes représente une solution aux épreuves de notre époque.

Alors, il faut savoir dire NON. NON aux sempiternels « principes de réalité » et aux « intérêts particuliers ». NON  à une prédominance masculine qui continue à tout percevoir et résoudre selon ses normes et en fonction de ses privilèges. NON aux dictatures qui prolifèrent au prix de l’exclusion et du silence forcé des femmes. NON aux obédiences religieuses qui assoient leur pouvoir sur leur soumission.

Nous, écrivaines francophones, appelons les États, les institutions, la société civile à travailler pour un monde qui se conjugue aussi au féminin, de la grammaire aux postes de pourvoir, de l’action sociale à l’œuvre d’imagination, de la pensée à la performance manuelle.

Nous revendiquons dans le sillage des femmes du Nord et du Sud « une planète 50/50 » et des « Générations Égalité ». Un changement des logiciels de sociétés rétives à l’émancipation féminine. Avec une action réelle sur les mentalités au moyen de l’éducation et des politiques d’incitation. Et un renforcement de la laïcité, seul rempart contre les dérives religieuses et sectaires.

Nous n’aurons pas honte de désigner du doigt certaines sociétés qui, sous couvert de « spécificité culturelle », visent à garder le même système de domination sur les femmes. Ni ne renoncerons à affirmer que seules les valeurs universelles doivent nous guider. Encore moins d’interpeller certaines de nos sœurs qui se fourvoient en ralliant des courants machistes, confondant leur intérêt avec celui de leurs oppresseurs, devenant les relais  d’idéologies qui se fondent sur l’idée de leur infériorité.

Enfin, nous oserons défendre la cause des écrivaines également. Tant le fait d’écrire pour une femme, expose dans de nombreux pays, à être deux fois censurées, opprimées, persécutées. Le simple fait de dire « je », de s’écarter de la norme du groupe, du clan, de la tribu est vu ou jugé comme un scandale. Sans compter cette constante dans bien des pays, où l’on continue à percevoir les autrices comme des auteurs de seconde catégorie, aliénant leur œuvre à des circuits conçus et définis par des cercles masculins régnant en maîtres sur le secteur. Et que dire de celles qu’on jette en prison pour avoir exprimé leur opinion politique, à l’instar de l’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, la romancière turque Asli Erdogan ou la militante féministe saoudienne Loujain al-Hathloul, que le Parlement a soutenues publiquement. De même que nos membres se sont levées comme un seul…une seule femme… pour condamner le sort fait aux Afghanes par un pouvoir masculin qui s’enorgueillit de sa course à contre-sens de l’Histoire.

Les écrivaines qui constituent notre Parlement viennent des quatre coins du monde. Elles sont de plusieurs origines, cultures, religions et couleurs de peau. Et c’est une force que cette diversité. Une force qui nous permet de transcender les frontières et de parler au noms d’autres femmes. Si l’écriture est un métier solitaire, nos luttes et nos intérêts sont, et seront communs. Si l’écriture devait servir à quelque chose, elle servirait à instaurer le procès des repressions contre les femmes.  Dès lors, il ne sera plus question de solitude, puisque nous serons au coeur d’une lutte commune, à travers ce beau projet porteur de la promesse de l’Humain qu’est la littérature.

Notre désir : Écrire la liberté, l’égalité, les fraternités, les sororités, les solidarités ; terrasser les lieux communs, fraterniser avec nos frères de plumes et de cœur, allumer l’incendie de tous les doutes, éteindre les haines mortifères, sanctifier l’amour, notre encre étant faite de larmes, de rires, de sang et d’audace ! Et quand ces écrivaines lancent l’Appel d’une ville qui s’appelle Orléans, cela ne peut qu’avoir un surplus de sens. Quand elles interpellent le monde à partir de la cité de Jeanne d’Arc, elles sonnent de nouveau l’heure de la résistance et du courage.  Avec ce luxe de le faire dans une langue, le français, qui véhicule des valeurs de liberté et d’égalité, auxquelles elles ajouteront la féminité, bien sûr.

Cet Appel n’est pas le premier ni le dernier du genre. Il ne servira pas de document politique en matière d’égalité. Mais il marquera l’agenda du ralliement des écrivaines à la cause de leurs sœurs de sexe, avec le concours d’une ville témoin de l’Histoire et au passé ô combien féminin ! Il marquera la date d’un enrôlement inédit et public des écrivaines sur le front de l’émancipation qu’elles déclineront en fiction, en poésie, en essai, en culture d’une façon générale. De sorte que la cause féminine devienne aussi la cause de la littérature. Nos mots, nos livres, nos chants en seront emprunts. Sur les couvertures de nos ouvrages, vous lirez, en sous-titre invisible, « Pour les femmes ». Et à l’intérieur des pages, la feuille de route d’un programme qui résonne du même cri : vigilance ! Un cri qui dit : Nous veillons. Nous ne laisserons pas nos sœurs dans tous les pays du monde se faire étouffer, écraser, assassiner, sans reprendre leur étendard. Nous parlerons pour elles chaque fois qu’il le faudra ; Nous saurons faire entendre la rumeur secrète  de leurs chagrins et leurs cris étouffés dans un silence opaque et souvent complice ; et nous nous porterons au secours de celles qui ont osé braver les interdits et pris la parole au risque de châtiments  impitoyables. 

Alors, ne tournez pas la tête, nous sommes là. Fortes de ces rendez-vous avec l’intelligence, la pensée et l’écriture , dans cette ville d’Orléans qui, aujourd’hui, se fait notre Voix. De son épicentre, nous dessinons de nouvelles cartes. Celles qu’il faut pour rejoindre les horizons où il devient possible de dire au monde tout ce que nous, les femmes, avons ont à lui donner. Faisons en sorte que demain nous appartienne. Au moins pour moitié.

Texte écrit et lu par Fawzia Zouari

Orléans, Samedi 09 octobre 2021

Les Voix d’Orléans – Carte blanche au Parlement des écrivaines francophones

Orléans, du 07 au 09 octobre 2021

Née de la volonté de reprendre le combat des idées après les attentats terroristes de l’année 2015, la manifestation les « Voix d’Orléans-rencontres de la francophonie » convie les intellectuels et artistes du monde francophone à débattre, avec le public, des grands enjeux de nos sociétés.

En 2021, pour sa sixième édition du 07 au 09 octobre, les « Voix d’Orléans-rencontres de la francophonie » invitent les femmes écrivaines francophones.

Femmes courageuses et combattantes dans le monde de l’écriture et de l’édition encore bien trop réservé aux hommes, elles ont tant à parler du monde, de ses bouleversements, de ses violences, mais aussi de ses richesses et opportunités. Ce sera une carte blanche au Parlement des écrivaines francophones, né de la volonté de l’autrice franco-tunisienne Fawzia Zouari et soutenu dès l’origine par Leïla Slimani, prix Goncourt en 2016.

Cette manifestation est organisée par la ville d’Orléans, Direction de la culture, des arts et de l’économie créative.

Programme complet et plus d’informations sur :

https://www.orleans-metropole.fr/culture/les-voix-dorleans

Vidéos des tables rondes consultables :

https://www.youtube.com/watch?v=5w94qQXx9Cs&list=PLfpJLzLdxUB8D_XZihnFUF1zuXfu_vJjP&index=1

Nos écrivaines à l’affiche | Catherine Cusset

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Catherine Cusset : « La définition du bonheur »

Editions Gallimard, août 2021

Deux femmes : Clarisse, ogre de vie, grande amoureuse et passionnée de l’Asie, porte en elle depuis l’origine une faille qui annonce le désastre ; Ève balance entre raison et déraison, tout en développant avec son mari une relation profonde et stable. L’une habite Paris, l’autre New York. À leur insu, un lien mystérieux les unit.

À travers l’entrelacement de leurs destinées, ce roman intense dresse la fresque d’une époque, des années quatre-vingt à nos jours, et interroge le rapport des femmes au corps et au désir, à l’amour, à la maternité, au vieillissement et au bonheur.

« La définition du bonheur est un bijou. Une plongée sans concession sur nos choix et nos regrets, nos failles et nos forces. Un récit puissant sur l’amour, la maternité et le vieillissement. »

Le Parisien, 22 août 2021

« La définition du bonheur retrace avec finesse les trajectoires de deux femmes sur quatre décennies. C’est ce talent à raconter la vie qui fait, depuis trente ans, la force de Catherine Cusset. »

Le Monde, 3 septembre 2021

Nos écrivaines à l’affiche | Hyam Yared

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Hyam Yared : « Implosions »     

Editions des Equateurs, août 2021

« Le 4 août 2020 à 18 heures et 7 minutes, la narratrice se voit propulsée sous le bureau de sa thérapeute. Elle est à quatre pattes, entre son mari et leur psy. Une bombe vient de ravager Beyrouth. Une apocalypse. Et le scénario en train de se produire dans ce cabinet : celui d’un couple en déliquescence. La narratrice est une affranchie. Elle veut vivre tout de suite et tout à la fois. Être mère, épouse et écrivaine, « beauvoirienne » et pondeuse multi-récidiviste. Plutôt que de choisir, elle a embrassé la multitude : femme remariée, mère de cinq filles, auteure de nombreux livres, écartelée entre Beyrouth et Paris, entre sa soif d’écriture et ses maternités, entre la joie de l’enfantement et l’instinct de fuite. Son énergie vitale est ce prix, c’est une bombe à retardement. Comme son couple, tiraillé entre un homme analyste et une femme guidée par les méandres de l’écriture. En bref, « la rencontre d’une centrale nucléaire avec une éolienne ». Comme cette ville qu’est Beyrouth, fendue, divisée, sectionnée de toutes parts, par les guerres, les rancœurs entretenues, jusqu’à cette ultime désintégration. La narratrice n’a plus que l’écriture pour consolation. Elle prend la plume à bras le corps et nous offre un récit d’une puissance inouïe où se reflètent jusqu’au vertige l’explosion de la ville et la déflagration intime, la dérive orwellienne de notre planète et l’hyper-connexion des êtres humains qui évoluent désormais « en distanciation sociale ». On retrouve le style plein d’humour et de rage de vivre de Hyam Yared, ses réflexions sur le sens de nos vies, la sexualité, le couple, la maternité, l’inadaptation au monde délirant dans lequel nous vivons… et l’amour qui triomphera toujours de la fin du monde. »

« Hyam Yared dénonce sans concession les disfonctionnements du Liban. Dans son nouveau roman, avec humour et poésie elle revient sur la descente aux enfers qui a suivi la tragédie du 4 août 2020. »

Le Figaro, 3 août 2021

« Dans un récit déchaîné, écrit très vite dans le chaos de l’effondrement de Beyrouth, l’écrivaine Hyam Yared entremêle la douleur de son pays et la sienne, les traumatismes collectifs et l’apocalypse personnelle. »

Libération, 19 août 2021

Négocier avec les talibans, un acte de trahison envers les femmes

Article paru dans « JeuneAfrique » le 1er septembre 2021

Après la chute de Kaboul, la communauté internationale ne doit sous aucun prétexte transiger avec le pouvoir taliban, qui ne renoncera jamais à l’obscurantisme et à la domination des femmes.

https://www.jeuneafrique.com/1225435/societe/negocier-avec-les-talibans-un-acte-de-trahison-envers-les-femmes/

Par  Le Parlement des écrivaines francophones

Plateforme regroupant plus de cent auteures issues des cinq continents, présidé par Fawzia Zouari

Crédit photo : Le 25 août, des femmes et des enfants afghans attendent de pouvoir fuir le pays à l’aéroport de Kaboul © MARCUS YAM/LA TIMES/SHUTTERSTOCK/Sipa

Nos écrivaines à l’affiche | Nouvelles voix d’écrivaines francophones

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Nouvelles voix d’écrivaines francophones

Coordonnée et préfacée par Marie-Rose Abomo-Maurin

Aux voix issues des quatre coins du monde, de formations, de professions et de cultures diverses qui se faisaient déjà entendre dans le premier volume de l’Anthologie, Voix d’écrivaines francophones, viennent aujourd’hui s’ajouter seize autres. Celles qui avaient choisi de s’exprimer dans la langue française entendaient également y trouver une place de choix : leur place de femme. Ainsi donc, leurs actes, leurs décisions et leurs interventions, pour bousculer les consciences, accréditent-ils la légitimité du Parlement des écrivaines francophones, cet univers qui a pour Région la Francophonie et pour demeure l’Écriture. « Les Nouvelles Voix d’écrivaines francophones » témoignent elles aussi d’une rare authenticité. Celle-ci se dévoile à travers leurs œuvres et leur parcours qui restent à découvrir.

Marijosé Alie-Monthieux, Muriel Augry, Anissa Bellefqih, Chochana Bou-khobza, Euphrasie Calmont, Denise Desautels, Aïcha Diarra, Gaël Octavia, Fatoumata Kane, Viktor Lazlo, Danielle Michel-Chich, Rachel Claire Okani, Catherine Pont-Humbert, Annie Richard, Oumou Sangare Armand Diarra, Alexandra Schwartzbrod, Rose-Marie Taupin Pelican, Marcelle Koutchouko Tchassim.

Editions Regain de lecture, Aout 2021.

Nos écrivaines à l’affiche | Sylvie Le Clech

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Sylvie Le Clech : « Femmes de la Renaissance.  Elles ont lutté pour leur liberté »

Portraits de 15 femmes, dans un tour de France qui va de la Corse à la Bourgogne, de Paris au Val de Loire et l’Aquitaine, de l’Auvergne au Dauphiné. 15  histoires de vie, de Catherine de Médicis et Gabrielle d’Estrées à la sorcière du Berry Jacquette Saddon, en passant par la libraire-imprimeuse Charlotte Guillard ou Louise Bourgeois la sage-femme des reines et du petit peuple de Paris.

 Edition Tallandier, août 2021

https://www.facebook.com/tallandier.tallandier

https://www.youtube.com/watch?v=NifJAX_zwjg&list=PLMGAfQlj2OYGJIyAvhix0wSH4wzsJApMX&index=2

Nos écrivaines à l’affiche | Safiatou Ba

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Safiatou Ba : « Ah nos épouses, ces mantes religieuses. Quand les hommes racontent leurs douleurs« 

Par un soir calme qu’il comptait savourer dans l’intimité de son foyer avec sa femme Tarie, le malheur frappa Kamory en la personne de Dasan, l’homme fort et puissant du pays que rien n’arrête dans la méchanceté et le plaisir de nuire. Il n’y avait pas d’autre vérité que la sienne. Alors commence pour Kamory la douleur de la prison, de la trahison de Tarie. Ni les conseils de son vieil ami Broulaye, ni le récit du grand Griot sur les hommes partageant les mêmes chagrins que lui, n’arrivent à le faire raisonner.
Safiatou, fidèle à sa plume brosse le portrait et le destin bouleversant des hommes décrits dans ce dernier opus, victimes et abandonnés aux griffes de leurs braves épouses. Les récits accrochent par leur salacité mais étreignent quelque part le cœur du lecteur qui découvre des visages hideux de femmes. Certaines usent de subterfuges, de duplicité, de supercherie, et de sournoiserie pour arriver à leurs fins.
Safiatou veut-elle être juste car elle avait fait le procès des hommes dans son précédent ouvrage : Ah ! Nos maris, ces grands inconnus? Ou veut-elle simplement se porter en citoyenne du monde en venant au secours des hommes? En tous cas, rien n’échappe à son bistouri, démasquant ainsi ces femmes douées dans la manipulation. Sacrée Safiatou. Le coupé est vif, tranchant, caustique.

Editions Afrikana, juillet 2021

Nos écrivaines à l’affiche | Catherine Pont-Humbert

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Catherine Pont-Humbert : « Les lits du monde »

La solitude du premier livre, je la garderai à jamais

J’étais seule et je voulais embrasser la mémoire du monde

De ville en ville De lit en lit

Le livre a grandi

Dans le geste lent et maladroit du mot balbutiant

Au chevet des lits du monde où je me suis glissée

J’ai laissé quelques traces

Elles attestent ma présence

Elles disent que j’ai bien dormi là J’ai dormi dans tant de lits

J’ai emprunté tant de chemins pour arriver jusqu’à moi

Editions La Rumeur libre, Juillet 2021

Nos écrivaines à l’affiche | Emna Belhaj Yahia

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Emna Belhaj Yahia : « En pays assoiffé»

A travers la vie d’une femme, Nojoum, le récit retrace l’évolution étonnante d’un pays, la Tunisie. Tout au long des sept dernières décennies, des générations de femmes se suivent sans se ressembler, depuis la pré-indépendance jusqu’à l’après-révolution. Les paysages changent, les événements se serrent, et l’histoire fait traverser des épreuves terribles, sans arriver à annihiler l’espoir qui se met à revêtir des figures imprévues.

Editions Des Femmes, juin 2021

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