Nos écrivaines à l’affiche | Cécile Oumhani : La ronde des nuages

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Cécile Oumhani : La ronde des nuages. Editions la Tête à l’envers. Septembre 2022

« Ecrire les nuances à l’horizon de la page et peindre ce qui aveugle de blancheur vers des espaces encore inconnus »

Peindre, écrire, deux manières qui se rejoignent de dire le monde : à deux siècles de distance, dans la région grenobloise, Cécile Oumhani met des pas de poète dans ceux du peinte J.M.W. Turner.   

Nos écrivaines à l’affiche | Madeleine Monette :  » L’Amérique est aussi un roman québécois. Vues de l’intérieur « 

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Un recueil d’essais-témoignages intitulé «  L’Amérique est aussi un roman québécois. Vues de l’intérieur  » écrit par Madeleine Monette.

Publié en septembre 2022 à Montréal aux Éditions Nota bene (Collection La ligne du risque).

Association Femmes Monde : « ACQUITTEZ-LA ! »

L’Association Femmes Monde vous annonce la parution du livre « ACQUITTEZ-LA ! » (éditions L’Harmattan) de Pierrette DUPOYET sur le thème des violences faites aux femmes.

Ce texte a fait l’objet d’un spectacle joué en ce moment-même au Festival d’Avignon (jusqu’au 30 Juillet 2022).

Association Femmes Monde

Nos écrivaines à l’affiche | Annie Richard : « La Boite noire du corps de la mère »

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

« La Boite noire du corps de la mère ». Auto essai par Annie Richard

Editions L’Harmattan, au carrefour des cultures. Collection Rue des écoles. Paris. 24 mai 2022.

La boite originelle, le corps d’où nous sommes issu(e)s, « naturellement » considérée comme l’affaire des femmes, est en fait une boite noire enfouie dans les eaux maternelles : son fonctionnement interne reste opaque et toujours opérationnel. Attacher exclusivement les femmes à la procréation, c’est ne pas en dévoiler la contrepartie qui est d’en décharger les hommes, librement tournés vers toutes formes dominatrices de sublimation, sociétales, politiques, créatrices, spirituelles. N’est-ce pas surtout en cacher le ressort profond, inconscient, d’une inégalité symbolique millénaire entre les sexes face à l’angoisse viscérale de notre condition charnelle commune, notre humaine condition, telle qu’elle nous est mondialement et brutalement rappelée aujourd’hui par la pandémie ? « Nous », notre tradition patriarcale, « moi », mon histoire personnelle, « lui », mon compagnon malade d’Alzheimer.

« Les Amants de V » de Louise L. Lambrichs

« Les Amants de V », le nouveau roman de Louise L.Lambrichs paru aux éditions Rumeurs, collection Rumeurs Littératures. Juin 2022 

Inspiré de situations historiques européennes réelles, ce nouveau roman de Louise L. Lambrichs écrit l’histoire d’invisibles sans voix, rescapés discrets des horreurs de la grande Histoire, de ceux que l’on croise tous les jours sans savoir à quel point les événements historiques les ont définitivement marqués et continuent secrètement de les hanter.
C’est aussi un roman d’amour sans étiquettes ni frontières et de fidélités, un roman inquiet propre à donner à rêver, à penser.

Extrait :

– Qu’est-ce que tu lui as raconté comme histoires, hein ? Qu’est-ce que tu lui as raconté ?La voix monte, au bord de se briser. Puis l’onde sonore se dilue dans l’espace, les bruits familiers reprennent leur place, le raclement de l’économe sur la carotte, le frottement de la casserole contre la pierre d’évier, le giclement de l’eau éclaboussant la vaisselle. Mady recule, s’essuie les mains sur son ventre, d’un geste rapide se frotte la joue de sa manche droite puis s’approche de la cuisinière et allume le gaz.– Pourquoi est-ce que je t’ai cru, hein ? Pourquoi ? Tu m’avais bien promis, pourtant. La voix baisse encore, chargée d’amour déçu s’éraille. Marko fronce le sourcil, son regard un instant vacille puis s’accroche vaille que vaille aux objets, au tablier taché qui efface la taille épaisse de Mady, à la table maculée de traces innommables, à la robe mouchetée de Bouloum assis sur l’appui de la fenêtre, à l’ampoule nue, au plafond, qui luit faiblement mais troue la nuit, tout de même.– C’est la guerre, Mady. Tu dois comprendre cela, c’est la guerre. Marko dans un souffle a murmuré. Ces mots qui depuis des jours des mois le hantent habitent ses nuits sans passer ses lèvres, il n’osait les dire et voilà qu’ils sont tombés entre eux comme une pierre, le prenant lui-même au dépourvu. Et maintenant, la guerre est vraiment là.

« Par le fil je t’ai cousue  » de Fawzia Zouari | Lu par Sophie Bessis

Fawzia Zouari : « Par le fil je t’ai cousue « . Paris. Editions Plon. 2022

            Si l’on a envie de comprendre comment les femmes tunisiennes se sont libérées – au moins en partie – de la tradition dans les quelques décennies ayant suivi l’indépendance acquise en 1956, sans pour autant lire de lourds ouvrages d’histoire et de sociologie, il faut se plonger dans ce récit de Fawzia Zouari. La femme mûre, libre, éclatante, qui a écrit ce livre commence par y raconter comment une mère qui ne plaisante pas avec les interdits et tient à protéger la virginité de sa fille lui fait subir un rituel de fermeture symbolique de l’hymen avant de l’envoyer au lycée de la ville, enfer de danger et de perdition. Mais elle y va, au lycée, la petite bonne élève, contrairement à ses soeurs aînées que l’on a retirées précocement de l’école, estimant qu’elles en savaient assez pour être mariées. Elle a la chance d’être la plus jeune et de pouvoir ainsi bénéficier des mesures prises par le premier chef de l’Etat tunisien, Habib Bourguiba, pour desserrer le carcan des coutumes légitimées par la religion, toutes deux veillant jalousement à ce que rien ne bouge.

            Dans ce village du nord-ouest du pays on n’aime pas les changements, ni les étrangers, ni les juifs, ni tout ce qui pourrait toucher à la pureté supposée du groupe social ou familial. Et le fait d’appartenir à une famille de notables comme celle de Fawzia n’y change rien. Il y a les gardiens et les gardiennes, comme cette mère redoutable, dragon protecteur, qui veillent au grain pour mettre un terme à toute velléité de liberté. Ce mot terrible est exclu de leur vocabulaire. Mais il y a les autres, des oncles, des tantes, des cousins qui veulent devenir « modernes », vivre comme ils veulent, faire des mariages d’amour – quelle idée ! – et qui entament peu à peu la carapace de la contrainte sociale faisant jusque là tenir toute une société figée dans son immobilisme. Et puis il y a la ville, la capitale d’où l’on revient en racontant que tout y semble permis.

            A supposer que le contexte s’y prête, comme dans la Tunisie des années 1960-70, peut-on toutefois se libérer aisément du poids de traditions transmises par tous les canaux possibles, de la persuasion, de la peur du nouveau et de l’obligation ? Avec une finesse mêlant à la fois audace et pudeur, Fawzia Zouari raconte comment s’intériorise la contrainte, comment le corps et l’esprit mettent un temps infini à s’en libérer, et jamais complètement. Ainsi, en remontant dans l’enfance, cette enfance qui toujours revient, elle nous donne à voir les arcances, les failles, les contradictions de toute une société, à la fois figée et en mouvement, où tout vacille sans que parfois rien ne bouge.

            Ce livre acerbe mais tendre, plein d’humour allant parfois jusqu’au cocasse mais avec quelques traces de triste lucidité se lit d’un trait, avec le plaisir que procure une belle écriture et l’intérêt pour un récit qui dit beaucoup avec l’air de presque rien.

Sophie Bessis

Nos écrivaines à l’affiche | Fawzia Zouari : « Par le fil je t’ai cousue ».

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Fawzia Zouari : « Par le fil je t’ai cousue »

Editions Plon, Paris – 06 Janvier 2022

Résumé :  » Une petite fille grandit dans l’ombre d’une famille traditionnelle et dans la soumission à une mère toute-puissante. Mais ce coin de Tunisie rurale est bousculée par la modernité, avec l’avènement de l’Indépendance, le départ des colons français, l’arrivée de Bourguiba, l’école obligatoire pour les filles. Alors, l’enfant, destinée à vivre et à mourir voilée et analphabète comme ses soeurs aînées, va, première de sa tribu, prendre le long chemin de l’émancipation. Le prix à payer sera lourd pour celle qui devra se libérer des sortilèges, des interdits et des secrets maternels« .

Source : 4ème de couverture

Pour en savoir plus :

https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/tunisie/par-le-fil-je-tai-cousue-fawzia-zouari-raconte-l-emancipation-des-jeunes-filles-en-tunisie-a-l-ere-bourguiba_4916621.html

Nos écrivaines à l’affiche | Madeleine Monette : « Skatepark »

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Madeleine Monette : « Skatepark »

Éditions Mains libres, Montréal, 2021. Troisième édition.

Une jeune chanteuse qui ne se débrouille pas trop mal dans la vie. Un nouvel amoureux aussi attentionné qu’évasif. Un garçon qui survit à peine à son enfance, prêt à sombrer dans l’errance.

Pour les trois personnages principaux de ce roman, un délit sans conséquence entraîne une rupture, tandis qu’un crime grave permet un rapprochement, comme si tout se vivait sur le mode amoureux.

Troisième édition d’un livre fort et actuel, dont « le portrait plein d’attention d’adolescents livrés à eux-mêmes dans la solitude urbaine, dans leur jeunesse sauvage et abîmée », s’inscrit dans une « histoire d’apprivoisement », nous dit Véronique Rossignol de Livres Hebdo.

Coup de cœur du quotidien Libération : lecture conseillée dans la chronique « Que faire ce weekend ? »

Coup de cœur de la section « C’est à lire » de Liberté-Hebdo, en France.

À propos du roman 

Skatepark est un roman sur la bienveillance nécessaire entre adultes et enfants, sur la difficulté de donner suite à nos bonnes intentions et sur la présomption d’honnêteté dans les rapports amoureux. Dans une grande ville contemporaine, il met en scène une femme pour qui l’amour risque d’être un marché de dupes, et un garçon qui est un nid de tragédies. Arièle cultive sa voix d’opéra comme elle ferait de la musculation, sans jamais vouloir monter sur une scène, mais cette voix est la dépositaire de ses états affectifs et le fil de son histoire. Avec l’enfant au sac à dos, un mordu de patin extrême et un fervent de rap, Arièle devient une avocate de l’intime. Entre son nouvel amant beau parleur et ce garçon qu’on surnomme Mioute (de l’anglais mute ou muet), elle arrive à soutenir l’imagination des autres, tant dans la sincérité que dans le mensonge.

Pour en savoir plus

https://editionsmainslibres.com/livres/madeleine-monette/skatepark.html

www.madeleinemonette.com

Nos écrivaines à l’affiche | Lise Gauvin : « Et toi, comment vas-tu ? »

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Lise Gauvin : « Et toi, comment vas-tu ? »

Editions : Leméac, Québec – 15 septembre 2021

Au chevet de sa mère qui vit ses derniers jours, puis ses dernières heures, la narratrice voit défiler sur l’écran de sa mémoire la lignée de femmes desquelles elle est issue, depuis Anne – la première arrivée en Nouvelle-France, une Fille du roi qui a osé à quinze ans l’aventure de traverser l’Atlantique et de s’enraciner au pays – jusqu’à sa grand-mère Réjeanne et sa mère Marianne, auprès de qui les mots de la vie, doucement, s’amenuisent.

Dans un doux chassé-croisé, les destins de ces êtres forgent au fil des siècles celui de Vivianne, la plus instruite et la plus voyageuse de toutes, inscrite dans son temps et dans l’écriture de ce temps, du début des années 1940 jusqu’à maintenant. Tandis qu’elle parcourt les moments marquants, privés et publics, ayant buriné le corps et le cœur de ces femmes – leurs amours, leurs rêves, leurs affirmations, leurs aspirations, leurs revendications –, Vivianne prend conscience des lignes de force qui ont conduit la sienne. Ces trajectoires entrelacées l’ont tenue à la fois proche et distante de cette figure maternelle dont le livre de vie à présent s’achève sur une ultime question porteuse de toute la bienveillance du monde : Et toi, comment vas-tu ?

Article paru dans Le Canada français : « Ce roman s’inscrit par la remarquable fluidité de son récit et la grande maîtrise de l’art de l’écrivaine dans la tradition de l’écrivaine pour qui mieux faire est toujours loin devant bien faire« . Jean-François Crépeau, Le Canada français, 11 nov. 2021.

Article repris dans  » Passion chronique », J_F.Crépeau, 24 novembre 2021.

Table-ronde « Fils, filles et filiations : figure de la mère dans le roman« , avec Lise Gauvin, Louise Dupré, Catherine Mavrikakis et Rodney St-Éloi.   Rencontre animée par Marie-Andrée Lamontagne, à la Librairie du Square, Outremont, le 18 novembre 2021.

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