Nos écrivaines à l’affiche | Madeleine Monette :  » L’Amérique est aussi un roman québécois. Vues de l’intérieur « 

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Un recueil d’essais-témoignages intitulé «  L’Amérique est aussi un roman québécois. Vues de l’intérieur  » écrit par Madeleine Monette.

Publié en septembre 2022 à Montréal aux Éditions Nota bene (Collection La ligne du risque).

Femmes Monde : programme Rentrée 2022

Le mardi 20 septembre à 18h, à la Cité Audacieuse, 9 rue de Vaugirard, 75006 Paris, une première rencontre aura lieu, en partenariat avec la Commission Nationale Française pour l’UNESCO, avec Mme Nicole Ameline, ancienne ministre, experte du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (dit CEDAW), présidente de l’Institut international des droits de l’Homme et de la Paix, chargée par les Nations Unies d’un nouvel agenda mondial parité. Son témoignage sera d’autant plus précieux et vivant qu’elle rencontre de par le monde des femmes qui agissent, avancent, sont courageuses.


Le lundi 24 octobre (date à confirmer) à 18h30, ce sera notre rendez-vous annuel avec nos amies québécoises. Nous aurons le plaisir d’accueillir trois ou quatre créatrices dans le cadre de notre partenariat avec l’Académie des Lettres du Québec.


En novembre, à découvrir un grand moment de féminisme intergénérationnel aux côtés des Feminists in the City qui se prépare. Vous ne pouvez imaginer notre excitation !


Puis deux sujets on ne peut plus actuels et brûlants seront débattus au cours de nos séances en décembre 2022 et en janvier 2023 : celui de la virilité et de la maternité, deux prismes à travers lesquels voir l’actualité de. la guerre et le droit de l’IVG en danger: d’abord, nous espérons recevoir en décembre prochain Lucile Peytevin pour son livre passionnant et édifiant « Le coût de la virilité » et enfin, en janvier 2023, autour d’une table-ronde, évoquer « le coût de la maternité« , qui sera animée par notre présidente d’honneur Annie Richard, autrice de plusieurs ouvrages sur le sujet. Annie Richard sera la présidente du colloque « Les Femmes et leurs corps » organisé par Mix-Cité-45 à la médiathèque d’Orléans les 22 et 23 septembre 2022.

A cette occasion Femmes Monde a le plaisir de vous informer de la parution du dernier ouvrage de notre présidente d’honneur, Annie Richard, intitulé « La Boîte noire du corps de la mère« , publié aux Editions L’Harmattan. Cet auto-essai ouvre des perspectives et des réflexions « La boîte originelle, le corps d’où nous sommes issu(e)s, naturellement considérée comme l’affaire des femmes, est en fait une boîte noire enfouie dans les eaux maternelles… »

Un livre à découvrir !


Enfin, n’hésitez pas à nous faire part de vos propositions de thématiques féministes à aborder qui pourraient faire l’objet d’une discussion puis d’une séance !


Dans l’attente de vous revoir en présentiel ou par zoom, Femmes Monde vous souhaite une très bonne rentrée !

Claudine Monteil

Présidente de Femmes Monde

Association Femmes Monde : « ACQUITTEZ-LA ! »

L’Association Femmes Monde vous annonce la parution du livre « ACQUITTEZ-LA ! » (éditions L’Harmattan) de Pierrette DUPOYET sur le thème des violences faites aux femmes.

Ce texte a fait l’objet d’un spectacle joué en ce moment-même au Festival d’Avignon (jusqu’au 30 Juillet 2022).

Association Femmes Monde

Emeline Pierre : VINGT ANS APRÈS LE 11 SEPTEMBRE, « France-Antilles »

Interview d’Emeline Pierre dans « France-Antilles » à propos de « VINGT ANS APRÈS LE 11 SEPTEMBRE – Twenty Years After 9/11« 

Ouvrage collectif bilingue français-anglais sous la direction de Suzanne Dracius, mi-essai politico-philosophique, mi-recueil de nouvelles offrant l’agrément de la narration, mi-anthologie poétique réunissant, entre autres, quelques membres du PEF : Catherine Cusset​, Madeleine Monette​, Emeline Pierre​…

Publié aux éditions Idem en septembre 2021.

D’un « Parlement » à l’autre, la commande dans l’écriture, par Sylvie Le Clech

D’un « Parlement » à l’autre, la commande dans l’écriture, par Sylvie Le Clech (juillet 2022)

En ce début d’été où les festivals reprennent de la vigueur, j’ai eu envie de partager très simplement quelques idées comparatives entre la commande photographique et celle de l’écriture, autour du mot « Parlement ».

L’occasion m’en est donnée par le « Parlement de la photographie », instance de débat des photographes professionnels accueillie cette année au Palais de Tokyo. Les photographes, dont le métier est en crise depuis des années, répondent présents à la commande photographique qui, loin d’être synonyme de formatage, permet de jouer avec les contraintes et de libérer une créativité individuelle qui rencontre la société de notre temps dans ce qu’elle peut aussi avoir de terrible. L’actualité en est la pourvoyeuse, à travers les événements dramatiques connus par l’Ukraine.

Nous autres écrivaines, sommes aussi réunies en « Parlement » depuis 2018, et avons écrit séparément ou en ligne, collectivement, sur les sujets qui touchent la situation des femmes aujourd’hui comme hier.

Tout comme les photographes qui pratiquent une esthétique et une écriture visuelle, nous pouvons retourner vers nos visions intérieures, celles de notre chambre noire, la « camera » et nous poser la question de l’importance dans nos vies littéraires de la commande, et si elle constitue, comme pour les photographes, un « déclencheur d’esthétiques » (Guy Tortosa).

Cette question a été abordée très récemment, en 2020, par Eléonore Devevey, à propos des « affres » et la « phobie » éprouvées par le surréaliste André Breton et l’anthropologue Michel Leiris. Dans son article en ligne (https://doi.org/10.4000/contextes.9701), A l’épreuve de la commande, Genèse de L’Art magique d’André Breton et d’Afrique noire : la création plastique de Michel Leiris. L’autrice interroge les « injonctions contradictoires »  communes à ces deux monstres sacrés, « entre adaptation aux exigences du commanditaire et souveraineté du commandité, entre désir d’autonomie et besoin de renfort externe, entre conformisme et subversion », dans le contexte intellectuel de leur époque, l’après-guerre.

Nous nous croyons plus souvent portées à être nos propres commanditaires, puisant dans l’imaginaire ou le désir d’écrire l’histoire, une force qui n’aurait pas besoin de commande extérieure à nous-même. C’est peut-être car nous aussi, comme Breton et Leiris sommes en prise avec nos conflits intérieurs.

Nombreuses pourtant sont les écrivaines, qui, pour bâtir un récit de fiction, partent d’abord d’un univers familier qu’elles « photographient » de manière intérieure, presque documentaire, pour le transformer en esthétique à partager.

Nombreuses sont les historiennes pour qui le réel d’aujourd’hui invite à l’humilité pour comprendre le réel d’hier.

Nombreuses sommes-nous à produire durant nos sessions de Parlement à Orléans, une œuvre collective au cours des lectures, tables-rondes et textes sur le site, qui interrogent la société à ces moments précis de « Parlement », comme le font les photographes actuellement.

Ces formes de commandes culturelles permettent aussi au Parlement de faire Parlement et d’intégrer les nouvelles venues dans des moments de rencontres avec les publics. Que fait enfin la commande dans ce processus de création littéraire qui passe pour le plus solitaire qui soit ? Si nous raisonnons comme des juristes, aucune commande, relation contractuelle de l’autrice avec son commanditaire, ne bride la liberté de création de l’autrice.

Pour les photographes, souvenons-nous des commandes de la régie Renault  qui ont fourni à Robert Doisneau ses mythiques clichés ou plus récemment les commandes de la DATAR qui ont permis à Raymond Depardon de nous livrer un portrait sensible d’une France rurale en mutation, aux antipodes des « clichés » sur les ouvriers et les paysans. La liberté de création est même une garantie renouvelée avec force de loi en 2016. Seules les modalités de la « commande » peuvent affaiblir le surgissement créateur de ces récits à peine nés.

A méditer grâce au lien qui m’inspira cette divagation estivale spontanée : https://www.culture.gouv.fr/Actualites/Parlement-de-la-photographie-le-monde-de-la-photographie-sur-tous-les-fronts

Soyons, comme les photographes du Parlement de la photographie, « sur tous les fronts ».

Sylvie Le Clech, juillet 2022

Nos écrivaines à l’affiche | Annie Richard : « La Boite noire du corps de la mère »

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

« La Boite noire du corps de la mère ». Auto essai par Annie Richard

Editions L’Harmattan, au carrefour des cultures. Collection Rue des écoles. Paris. 24 mai 2022.

La boite originelle, le corps d’où nous sommes issu(e)s, « naturellement » considérée comme l’affaire des femmes, est en fait une boite noire enfouie dans les eaux maternelles : son fonctionnement interne reste opaque et toujours opérationnel. Attacher exclusivement les femmes à la procréation, c’est ne pas en dévoiler la contrepartie qui est d’en décharger les hommes, librement tournés vers toutes formes dominatrices de sublimation, sociétales, politiques, créatrices, spirituelles. N’est-ce pas surtout en cacher le ressort profond, inconscient, d’une inégalité symbolique millénaire entre les sexes face à l’angoisse viscérale de notre condition charnelle commune, notre humaine condition, telle qu’elle nous est mondialement et brutalement rappelée aujourd’hui par la pandémie ? « Nous », notre tradition patriarcale, « moi », mon histoire personnelle, « lui », mon compagnon malade d’Alzheimer.

Claudine Monteil : Soutien aux droits des femmes aux États-Unis

Suite aux décisions de la Cour Suprême américaine, la chaîne de télévision, Claudine Monteil est intervenue sur BFMTV ce samedi soir 25 juin pendant vingt minutes sur les droits des femmes aux États-Unis, en France et en Europe ainsi que sur ses engagements avec Simone de Beauvoir pour faire progresser les droits des femmes en France.

Vidéo de l’intervention sur BFMTV ce samedi 25 juin 2022 : 

https://www.bfmtv.com/societe/l-interview-de-claudine-monteil-militante-feministe-biographe-et-amie-de-simone-de-beauvoir_VN-202206250286.html

Claudine Monteil 

« Les Amants de V » de Louise L. Lambrichs

« Les Amants de V », le nouveau roman de Louise L.Lambrichs paru aux éditions Rumeurs, collection Rumeurs Littératures. Juin 2022 

Inspiré de situations historiques européennes réelles, ce nouveau roman de Louise L. Lambrichs écrit l’histoire d’invisibles sans voix, rescapés discrets des horreurs de la grande Histoire, de ceux que l’on croise tous les jours sans savoir à quel point les événements historiques les ont définitivement marqués et continuent secrètement de les hanter.
C’est aussi un roman d’amour sans étiquettes ni frontières et de fidélités, un roman inquiet propre à donner à rêver, à penser.

Extrait :

– Qu’est-ce que tu lui as raconté comme histoires, hein ? Qu’est-ce que tu lui as raconté ?La voix monte, au bord de se briser. Puis l’onde sonore se dilue dans l’espace, les bruits familiers reprennent leur place, le raclement de l’économe sur la carotte, le frottement de la casserole contre la pierre d’évier, le giclement de l’eau éclaboussant la vaisselle. Mady recule, s’essuie les mains sur son ventre, d’un geste rapide se frotte la joue de sa manche droite puis s’approche de la cuisinière et allume le gaz.– Pourquoi est-ce que je t’ai cru, hein ? Pourquoi ? Tu m’avais bien promis, pourtant. La voix baisse encore, chargée d’amour déçu s’éraille. Marko fronce le sourcil, son regard un instant vacille puis s’accroche vaille que vaille aux objets, au tablier taché qui efface la taille épaisse de Mady, à la table maculée de traces innommables, à la robe mouchetée de Bouloum assis sur l’appui de la fenêtre, à l’ampoule nue, au plafond, qui luit faiblement mais troue la nuit, tout de même.– C’est la guerre, Mady. Tu dois comprendre cela, c’est la guerre. Marko dans un souffle a murmuré. Ces mots qui depuis des jours des mois le hantent habitent ses nuits sans passer ses lèvres, il n’osait les dire et voilà qu’ils sont tombés entre eux comme une pierre, le prenant lui-même au dépourvu. Et maintenant, la guerre est vraiment là.

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