Ci-dessous la vidéo de la remise du Prix des 5 continents :
https://www.francophonie.org/remise-du-prix-des-5-continents-karim-kattan-2172
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Sylvie Le Clech a assuré le co commissariat scientifique aux côtés de l’historienne Caroline Zum Kolk et d’Elisabeth Latrémolière, directrice du musée, et commissaire de l’exposition.
Cette exposition se centre sur les femmes de pouvoir à la Renaissance et les déformations , positives ou négatives, dramatiques, poétiques parfois, souvent entretenues soit par les historiens du 19è siècle, ou par les dramaturges et cinéastes . S’y trouvent exposés des objets inédits prêtés par de grandes institutions mais aussi d’autres musées de régions, mais aussi l’affiche de la reine Margot de Patrice Chéreau et le costume du film de 1961, la Princesse de Clèves (réalisateur Jean Delannoy), prêté par la Cinémathèque française.
Sylvie Le Clech a également rédigé le dossier spécial consacré aux Femmes de la Renaissance dans la revue des éditions Faton « Les dossiers de l’histoire » (numéro de mars et avril 2022).
L’institut Français de Roumanie a organisé la manifestation des « Ecritures féminines francophones » à Iasi en Roumanie du 20 au 23 mars 2022.
En présence de membres du Parlement des écrivaines francophones et d’écrivaines roumaines.
-Dimanche 20 mars :
14h / 17h : portraits d’écrivaines
17h00 /18h : inauguration à la Mairie de Iasi ; discours officiels
18h / 19h 30 : table ronde inaugurale (Mairie de Iasi) : « Ecrire dans une langue autre : le français en partage »
Modératrice : Caherine Fruchon-Toussaint
Intervenantes : Marie Rose Abomo Maurin, Sedef Ecer, Florina Ilis, Nadia Essalmi, Magda Carneci
–Lundi 21 mars :
15h 30 : table ronde (Musée de la littérature) : « libres de s’exprimer ? »
Modératrice : Sedef Ecer
Intervenantes : Catherine Cusset, Nadia Essalmi, Chochana Boukhobza , Magda Carneci, Madeleine Monette
17h30/ 19h : table ronde (Institut français): « Devenir écrivaine : entre héritage et affirmation de soi »
Modératrice : Marie José Ali
Intervenantes : Madeleine Monette, Catherine Cusset , Simona Popescu, Florence Cadier, Geneviève Damas
19h 15/ 20h 15 : soirée contes francophones « Et si on racontait … »
-Mardi 22 mars :
Matin : rencontres d’écrivaines avec les élèves d’établissements scolaires de Iasi
15h 30 : visite du Musée de la littérature
17h / 18h30 : table ronde (Musée de la littérature) : « A la croisée des écritures »
Intervenantes : Geneviève Damas, Chochana Boukhobza, Sedef Ecer , Marie José Ali Marie Rose Abomo
19h 30/ 20h 30 : soirée poétique et musicale « En mots et en sons »
Sylvie Le Clech, en mission d’appui culture au Pays en Polynésie française y a rencontré des femmes formidables.
La Ville de Papeete a passé commande à des artistes de street art et sollicité les propriétaires des immeubles pour les autoriser à peindre sur leurs façades .
De nombreux thèmes sont en relation avec les femmes et la culture Maho’hi.
A l’occasion du 8 mars 2022, journée internationale du droit des femmes, les Marianne de la diversité organisent le 15 mars 2022 à l’Assemblée nationale un colloque sur la place des femmes et de la diversité, autour de deux tables rondes et de l’éclairage de femmes et d’hommes inspirants, engagés dans le monde politique et la société civile.
Pour qui se prend Lori Saint Martin, ou comment s’inventer une nouvelle identité, celle dont on sent intuitivement qu’elle nous conduira sur le chemin de l’épanouissement ?
Forcément, le récit fait le pont entre le passé et le présent ; c’est un texte tout en circonvolutions sur la mémoire, l’enfance, le milieu familial, la mère.
Originaire d’une ville ouvrière de l’Ontario – donc anglophone – Lori Saint Martin sait intuitivement qu’elle n’est pas née au bon endroit, dans la bonne langue, et décide à dix ans que le français lui servira de passerelle vers un autre monde sublimé, vers un « elle-même » qu’elle rêve de créer minutieusement.
En devenant – au prix de milliers d’heures de travail, de lectures, de voyages et de rencontres – totalement francophone, la voici traductrice, interprète, autrice, professeure de littérature à l’UQAM, elle qui a trouvé dans un annuaire téléphonique le nom qui sera désormais le sien dans cette véritable métamorphose qui lui permet lentement de se réconcilier avec son milieu familial.
« Pour qui je me prends » raconte le voyage d’une femme qui, en devenant totalement francophone, a réussi à devenir celle qu’elle devait être. C’est le voyage d’une femme qui a sauvé sa peau en devenant francophone.
Lori Saint Martin raconte sa singularité d’être une transfuge de classe en étant « une translingue ».
« La langue est une mer, on baigne dedans. Moi, j’ai refusé. J’ai refusé ma langue maternelle, refusé la voix que j’avais en la parlant. J’ai adopté la langue française, comme on dit adopter un enfant, mais pour en devenir la ville et pour me redonner naissance…
Le français, ma langue d’amour, ma langue d’écriture… »
« Une passeuse de langues, une ignoreuse de frontières, une tisseuse de mots. Voilà pour qui je me prends. Voilà qui je suis. »
« Pour qui je me prends » de Lori Saint-Martin, paru au éditions Boréal
Rédigé par Danielle Michel-Chich
L’Association Femmes Monde, en partenariat avec La Commission Nationale Française pour l’UNESCO, vous invite à une Rencontre sur L’Engagement dans l’écriture de quatre écrivaines francophones
Fawzia Zouari, Tanella Boni, Carmen Boustani, Madeleine Monette
Membres du Parlement des Ecrivaines francophones
Lundi 14 mars 2022 de 18h à 19h30
https://us02web.zoom.us/j/83949949135?pwd=bnc2QWtHNlVhVDBLWDRXM1BnTnNSZz09
Après la présentation par chacune de son engagement dans l’écriture, aura lieu un échange et une discussion avec le public présent.
FAWZIA ZOUARI, écrivaine et romancière tunisienne, docteure en littérature comparée (Sorbonne nouvelle) elle a travaillé à l’institut du monde arabe avant d’intégrer le journal Jeune Afrique. Elle préside actuellement le Parlement des Ecrivaines francophones et a été nommée en 2019 Chevalier de l’ordre des Arts et des lettres. Elle a à son actif une vingtaine de romans et essais dont certains ayant trait à la femme d’origine maghrébine installée en Europe Occidentale, ( La Caravane des Chimères (1990) Ce pays dont je meurs (1999), La Retournée (2002), Le voile islamique (2002) La deuxième épouse (2006) qui reçoit Le Comar d’or, plus haute distinction littéraire en Tunisie, Valentine d’Arabie (2020). Enfin le 6 décembre 2016 elle reçoit le Prix des cinq continents de la francophonie pour sa biographie Le corps de ma mère. Elle vient de publier un récit autobiographique Par le fil je t’ai cousue (2022) sur son enfance, à des moments clefs de l’Histoire de la Tunisie. Dans ce roman magnifique Fawzia Zouari raconte son histoire familiale dans la Tunisie rurale au moment du départ des colons français, de l’arrivée de Bourguiba et de l’école obligatoire pour les filles. Fawzia Zouari est également lauréate du Grand Prix littéraire de Provence.
TANELLA BONI, professeure de philosophie à l’université Felix-Houphouet-Boigny à Abidjan, est poétesse, romancière, novelliste, essayiste et critique d’art, enfin philosophe et écrivaine ivoirienne. Elle écrit également des ouvrages pour enfants. En 2005 elle a été lauréate du prix Ahmadou-Kourouma pour son roman « Matins de couvre-feu ». En juin2009, elle reçoit le prix international de poésie Antonion Viccaro à l’occasion du 27èmeMarché de la poésie. Elle est membre du l’Académie mondiale de la Poésie depuis 2001, de l’Académie des sciences, des arts, des cultures d’Afrique et des diasporas africainesn(ASCAD), membre du conseil scientifique de plusieurs revues et de l’Institut international de philosophie notamment. Elle a reçu la médaille de bronze de l’Académie française en 2018 pour le recueil de poèmes Là où il fait si clair en moi. Ses ouvrages traitent de la place des femmes en Afrique, les stratégies de résistance et de révolte féminine.
CARMEN BOUSTANI, est une universitaire et écrivaine franco-libanaise. Professeure des universités, romancière, féministe, elle a reçu la Médaille d’honneur des écrivains de langue française en 2001, les Palmes académiques en 2006, et la Médaille d’or et le prix d’excellence du CNRS, à l’occasion de son jubilé d’or, en juin 2012. Elle est notamment spécialiste de l’écrivaine libanaise Andrée Chedid, auquel elle a consacré un volume. Elle a également placé la condition des femmes et l’intérêt pour le langage au centre de son oeuvre. Ses romans ont pour contexte historique la guerre au Moyen-Orient. Elle présente des femmes qui luttent pour faire triompher une culture d’entente sur la culture de discorde. Elle a notamment publié Effets du féminin:variations narratives francophones, Des femmes et de l’écriture: le bassin méditerranéen, La Guerre m’a surprise à Beyrouth, Dictionnaire des créatrices (directrice et rédactrice du secteur Moyen-Orient).
MADELEINE MONETTE est une romancière et poétesse née au Québec et qui vit à New York. Elle est l’auteure de plusieurs romans : Elle a signé les romans Le Double suspect (Prix Robert-Cliche), Petites Violences, Amandes et Melon, La Femme furieuse, Les Rouleurs repris sous le titre Skatepark à Paris et à Montréal. Le recueil de poésie Ciel à outrances et sa traduction Lashing Skies ont inspiré une expérience multimédia actuellement en cours au Centre PHI de Montréal. Elle a collaboré à des livres d’artiste en France, dont La mer, au feu/A Sea Fire (Collection de livres d’artistes de BAnQ). Un recueil d’essais-témoignages, L’Amérique est aussi un roman québécois (Vues de l’intérieur), verra le jour en 2022. Ses textes ont paru dans des publications littéraires au Québec, au Canada anglais, aux États-Unis, en Italie, en France et en Roumanie. Elle est membre de l’Académie des lettres du Québec et du Parlement des écrivaines francophones. Madeleine Monette est lauréate du prix Robert-Cliche du premier roman en 1980, nominée pour de nombreux autres prix littéraires dont le Prix Marguerite Yourcenar (États-Unis), le Prix France-Québec Philippe-Rossillon (France), les Prix Molson et Ringuet de l’Académie des lettres du Québec et le Prix des lectrices d’Elle Québec (Canada). Cf son site (www.madeleinemonette.com)
Ma chère Dora ton récit Citrons Doux – L’Aînée (Contraste Editions, Tunisie, 2020) m’a fait penser à Roland Barthes par Roland Barthes, peut-être (sûrement !) par ce qu’il est une autofiction photographique. Mais puis-je avouer que j’ai eu plus de plaisir à te lire, à feuilleter avec toi ton album souvenir (tes sublimes photographies et celle de ton défunt père, paix à son âme) qu’à accompagner Roland Barthes (que j’aime beaucoup, par ailleurs) dans son texte qui ne cesse (comme il s’en réclame lui-même) de s’éloigner de sa personne imaginaire vers une langue sans mémoire …
Il n’en est rien de ton Citrons doux, qui est mémoire, effacement et réminiscence et qui assume, avec douceur, sérénité, pudeur, cette proximité du partage de vie, de petites et grandes joies et douleurs, avec une modestie, une justesse quasiment mystique !
Car à raconter, photographier, ces moments et ces fragments de vie, jalonnés de petits et grands malheurs, avec autant d’acceptation, de consentement, y compris à la souffrance, en accordant au lecteur une sorte de paix et de sérénité, tient à quelque chose de l’ordre du mysticisme, du détachement de soi, de l’égo, de l’exigence absurde d’être épargnée…
Tu racontes l’enfance et ses fêlures, le père inoubliable et le lien à la mère et ses petites et grandes brisures, la perte de l’aînée -et quelle grosse et intolérable perte- à laquelle il faut néanmoins consentir.
Quand je t’ai rencontrée et connue (en te reconnaissant d’instinct comme une sœur, une « aînée » aimante et indispensable), tu m’as enseignée la Modestie ! Je me demandais comment tu pouvais être si humble, si généreuse, si attentive ; célébrant le moindre talent des autres, la moindre manifestation de la beauté alors que tu n’étais que talent, élégance et intelligence quasiment foudroyante !
(Et jolie ! Jolie ! comme une grenadine, rouge de l’extérieur et remplie de l’intérieur, clin d’œil aux lecteurs pour les achever)
Le récit qui, comme tu l’annonces, à la 4ème couv, raconte et photographie, à travers le souvenir de ton aînée bien aimée et partie sitôt (mes sincères condoléances ma chérie), le pays (le nôtre) que tu aimes en y cherchant ce qui s’en va et ce qui demeure, ce qui vient… est juste incroyablement beau, juste, discret et prenant, délicat et serein : une offrande !
Et puis, il y’a ces magnifiques photographies noir et blanc et granuleuses (portraits, paysages, nature mortes…) et toutes ces courtes phrases et mots que tu inscris, en arabe (dialectal et littéraire), dans le corps de ton texte (en feuilles jaunies et en fleurs qui éclosent) qui est notre corps commun, celui de la mère, de la terre qu’aucun départ, qu’aucune offense, aucun exil n’entame ou ne dénie.
Gloire à toi qui l’affirme, qui se reconnais en nous et ne nous nie jamais…
Citons doux- l’Aînée, à lire, à savourer, à méditer : récit photographique de chevet et de tendre copinage, de ceux qui peuvent longuement vous tenir compagnie…
Sonia Chamkhi, Tunis, Novembre 2021.
C’est l’histoire d’une famille, de deux sœurs, de l’enfance heureuse de ces deux sœurs dans leur pays natal, la Tunisie.
L’une est partie : celle qui écrit.
L’autre est restée, les pieds plantés dans cette terre ou peut-être empêchée de fuir par la présence de cette forteresse maritime édifiée par les Espagnols, à la fin du 16 ème siècle, une forteresse surnommée par la population, « El Karraka », qui signifie en arabe, pénitencier, prison… et dont depuis des décennies, les parents chuchotent le nom aux oreilles des enfants turbulents, pour se faire entendre et les forcer à obéir.
Deux sœurs donc, qui grandissent, dans le parfum des citronniers aux branches allumées par les lampes jaunes des fruits et à quelques pas de la chambre noire du père, un célèbre photographe aux images pleines d’ombre et de lumière.
Les deux sœurs vivent dans le sortilège de la matière.
Elles sont hantées par ce qui se révèle et ce qui disparaît dans les clichés capturés par l’objectif.
Même si elles n’en parlent jamais, elles savent, depuis qu’elles sont petites, qu’il y a des choses qui se montrent, et des choses qui se défendent à la vue. Il y a ce qui se brouille ou s’engloutit et ce qui s’éclaire.
Elles savent surtout que chaque photo est une énigme qui voile ou dévoile ce que nos yeux si simplement humains interceptent et mémorisent.
Quand elles étaient petites, les deux soeurs avaient aimé un certain gâteau que la mère présentait à la table familiale, une friandise si légère et merveilleuse, qu’on l’appelait « le gâteau courant d’air. ».
La benjamine en a gardé un tel souvenir, qu’elle s’est transformée par la force des choses en cette pâtisserie des jours de fête : elle est devenue une fille courant d’air, aux bras chargés de cadeaux quand elle réapparait à Tunis, l’appareil photo en sautoir autour du cou, car elle s’est prise de passion, comme son père, pour la photographie, elle aussi veut attraper la vie au vol, rester à l’affut, capturer la ville et ses gens, se saisir de leur beauté ou de leur noirceur.
A Londres, où elle vit désormais, elle feuillète les images qu’elle a prise. Des images qui l’aideront à vivre, qu’elle épingle sur son mur, qu’elle retouche au besoin. Au début, comme tous ceux qui s’éloignent du pays natal, elle se disait que son absence loin des siens n’allait durer que quelques mois. Elle n’avait pas imaginé que la vie allait en décider autrement. Qu’elle allait s’égarer, se tromper, pleurer. Qu’elle aimerait des hommes pour le pire et le meilleur.
Et chaque retour au pays natal, est de plus en plus en douloureux.
Chaque retour soulève des tempêtes.
Les rencontres entre les deux sœurs se chargent de non dits.
Année après année, s’empilent des retrouvailles ratées où les confidences sont devenues impossibles. L’entente d’autrefois a disparu. Jusqu’aux souvenirs qui ne se rejoignent pas. Car la pression de la mémoire sépare ceux qui vivent sur le sol et ceux qui sont hors sol. Car le poids de l’imaginaire étouffe de nostalgie les immigrés qui embrassent d’autres constructions politiques, qui s’ouvrent à d’autres mondes, qui acceptent des séquences proposées par la modernité et jugées presque hérétiques en Afrique du Nord.
Le peu qui est dit, ouvre de vieilles blessures. Egratigne un peu plus. Scelle les lèvres. Coud le cœur.
Car comment dire qu’on n’a rien oublié, qu’on est certes parti, mais qu’on est toujours là ?
Comment dire que l’absence n’est pas une trahison ?
Comment dire que celui qui s’en va, mais qui revient est percé de mille flèches quand tout ce qui lui était familier s’est modifié, rues débaptisées de leurs noms, espace transformé, boutiques à jamais disparues ?
Pour tenter de vivre en paix, il faut accepter de s’enliser dans le silence et l’amertume.
La sœur ainée tombe malade.
Des rendez-vous sont manqués.
Les parents s’inclinent avec la vieillesse.
La tendresse qui lie les membres de la cellule familiale, tous pudiques, presque austères, ne peut s’avouer que dans l’écriture.
Dora Carpenter-Latiri a écrit un chant d’amour qu’elle dédie à sa ville, Tunis tant aimée et pourtant quittée. A son père, dont le talent est si écrasant qu’il fait autorité. A la sœur aînée, dont elle s’est séparée.
Dora Carpenter-Latiri tente, d’une plume légère, de proposer des hypothèses pour expliquer les mésententes. Elle parcourt les photos d’autrefois, elle nous dit ce qui, pour toujours et à jamais, l’attache à son pays, à sa terre, à sa langue et à sa famille, et cet amour est aussi fort que le vin oublié dans la jarre.
Elle en est ivre, sans même en avoir bu une seule gorgée, ivre de juste respirer le nom de Tunisie. Le nom des siens.
Dora Carpenter-Latiri confronte les photos prises jadis par le père, aux tableaux du peintre Soulage. Noir et blanc. Blanc sur noir. Et zones grises.
Mais El Karraka a gardé son nom.
La forteresse est toujours debout, malgré l’usure du temps. Debout, même si elle menace de s’écrouler. Debout, pour empêcher les envahisseurs de s’emparer du pays.
Citrons doux, l’aînée est un texte poignant.
Un texte qui résonne dans le cœur de tous ceux qui s’ingénient à relier des mondes, l’oriental et l’occidental, le religieux et le politique, le sacré et le profane, la vie et la mort.
Un texte qui démontre que la plume est plus forte que les mots.
Car la plume sait exprimer que les citrons sont doux, malgré leur amertume.
Qu’ils sont pleins de la sève des jours anciens.
Chochana Boukhobza, Février 2022