Nos écrivaines à l’affiche | Wafa Ghorbel

L’actualité littéraire des membres du Parlement des écrivaines francophones

Wafa Ghorbel : Je n’ai souffert ni du fait que je sois une femme, ni du fait que je sois francophone – Idées – Culture

Les romans de l’universitaire et chanteuse franco-tunisienne Wafa Ghorbel sont traduits en plusieurs langues. Elle s’exprime ici sur l’évolution sur la scène culturelle dans son pays.

https://lapresse.tn/148843/wafa-ghorbel-romanciere-francophone-et-chanteuse-a-la-presse-la-musique-dans-mes-romans-est-un-theme-un-personnage-a-part-entiere/

Le Parlement des écrivaines francophones par Sylvie LE CLECH

Le Parlement des écrivaines francophones par Sylvie LE CLECH

Parmi les réseaux culturels d’entraide et de création collective, consacrés aux expressions des femmes par l’écriture, tous les types d’écriture, fiction, poésie, histoire, essais, théâtre et cinéma, journalisme, le Parlement des écrivaines francophones constitue une approche originale. « Donner de la voix » disait l’une d’entre nous, c’est exprimer, depuis sa position d’écrivaine, un point de vue sur les grandes questions sociales, environnementales, artistiques et sur le sort fait aux femmes dans tous les pays du monde. Ces valeurs partagées président à la naissance de ce collectif né à Orléans en 2018 et soutenu par l’organisation internationale de la francophonie (OIF). Né d’une proposition de Fawzia Zouari, écrivaine et journaliste tunisienne, avec le soutien de Leïla Slimani et Sedef Ecer, le Parlement des écrivaines francophones regroupe plus de 200 écrivaines de plus de 30 nationalités qui ont toutes en commun l’écriture en français, qu’il s’agisse de leur langue maternelle ou de leur langue apprise. Soutenu dès le départ par la ville d’Orléans, au cœur d’une région qui a vu se structurer le français, le parlement est littéralement un lieu où l’on parle, c’est-à-dire qu’on y débat, qu’on s’y accorde, en groupes de travail ou en présence du public. Lors de notre première édition, c’est dans la salle du conseil municipal que nous avons écrit et discuté le texte de notre « Manifeste », diffusé dans plusieurs médias nationaux :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/28/manifeste-du-parlement-des-ecrivaines-francophones-liberte-egalite-feminite_5361681_3232.html

C’est encore lors de nos sessions annuelles que nous avons rencontré tous les publics, dans des lieux aussi divers que la Médiathèque d’Orléans, le palais des anciens évêques transformé en salle de conférence, le Fonds régional d’art contemporain. Je me souviendrai toujours de cette jeune femme « différente », qui a tenu à faire en fin de session, un petit discours spontané sur sa perception de notre table-ronde. Lectures, discussions sur les engagements de chacune dans l’écriture comme don de soi et comme existence au monde, accueil en 2021, lors de la carte blanche qui nous a été confiée par la ville dans le cadre de sa manifestation culturelle, les « Voix d’Orléans », d’une femme afghane apportant son témoignage sur la situation des femmes suite au retour des talibans à Kaboul, tous ces événements ont formé des lieux de cohésion et favorisé des échanges avec la société. Le salon du livre nous avait déjà accueillies en 2019, sur le pavillon des Outre-mer, nous étions programmées pour participer à celui de 2020, annulé. Nous avons alors du innover comme tant d’autres collectifs, en continuant à nous retrouver à distance, pour concevoir d’autres rencontres imaginées par les unes et les autres avec le soutien de femmes intéressées par nos interventions qui purent reprendre après le confinement, comme les soirées de La galerie Mémoire d’avenir, L’institut culturel français de Iasi en Roumanie en 2022, à l’heure où d’autres femmes subissaient la guerre en Ukraine

(https://www.rfi.fr/fr/podcasts/litt%C3%A9rature-sans-fronti%C3%A8res/20220326-%C3%A0-iasi-en-roumanie-pour-les-%C3%A9critures-f%C3%A9minines-francophones)

 Ecrire ensemble est notre deuxième axe. Les femmes créent souvent dans le secret d’une « chambre à soi » telle que la rêvait Virginia Woolf, cette écriture prend du temps alors que notre monde est épris de vitesse et d’immédiateté. Comment répondre à ce défi de manière à la fois individuelle, car chacune a son style et ses thèmes de prédilection, et par la voie du collectif ? Dès 2018, nous avons décidé d’éditer des recueils de textes sur des thèmes que nous avions choisis : la première anthologie est parue aux Editions Corsaire d’Orléans (2018)

https://www.corsaire-editions.com/brands/parlement-des-ecrivaines

La seconde, Corps de femme, corps de fille (2023) a été rendue possible grâce à l’engagement des Editions des femmes (https://www.desfemmes.fr/corps-de-filles-corps-de-femmes-avec-le-parlement-ecrivaines-francophones/).

Complètent ces écritures d’autres tribunes ou textes sur notre site Internet :

https://www.parlement-ecrivaines-francophones.org/

 Faire groupe quand la langue et le genre nous relient, au-delà des distinctions et origines est un défi lancé aux aléas de la vie et de la mondialisation qui peut niveler. Virginia Woolf, toujours elle, se pose la question de savoir si les femmes qui écrivent seraient dangereuses ? Nous avons tranché par l’affirmative, mais les accusées de notre « Grand procès des écrivaines », montré en 2020 pour la première fois au Sénat puis en 2021 à Orléans ont toutes été acquittées par le public, à l’issue d’un marathon de témoignages et de plaidoiries où chacune a démontré l’inanité d’un monde qui voudrait que les filles soient ignorantes, tel cet apprenti législateur excentrique sous la Révolution française, auteur d’un projet de loi interdisant aux femmes d’apprendre à lire, car leur instruction les rendrait stériles ou venimeuses donc dangereuses pour la société.

Retour sur la présence du PEF au Salon du livre du Beyrouth en 2022

Les écrivaines du PEF vous présentent la vidéo réalisée sur leur participation au Salon du livre francophone de Beyrouth qui s’est tenu du 19 au 30 octobre 2022.

Nous étions une quinzaine de parlementaires et nous avons participé à des rencontres débats, des interventions dans les lycées et avec « Le procès des écrivaines » sur le thème  » Les écrivaines sont-elles des femmes dangereuses ? »

Emna Belhaj Yahia : « La France de la fraternité, de l’égalité, de la liberté m’appartient autant qu’à vous »

Emna Belhaj Yahia : « La France de la fraternité, de l’égalité, de la liberté m’appartient autant qu’à vous »

 Par Frédéric Bobin – Le Monde

« De Dakar à Djibouti, radioscopie de la relation Afrique-France » (2).

L’écrivaine tunisienne témoigne de son rapport à la langue française et de l’ouverture au monde qu’elle lui a permis.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/12/22/emna-belhaj-yahia-la-france-de-la-fraternite-de-l-egalite-de-la-liberte-m-appartient-autant-qu-a-vous_6155422_3212.html

Emeline Pierre : VINGT ANS APRÈS LE 11 SEPTEMBRE, « France-Antilles »

Interview d’Emeline Pierre dans « France-Antilles » à propos de « VINGT ANS APRÈS LE 11 SEPTEMBRE – Twenty Years After 9/11« 

Ouvrage collectif bilingue français-anglais sous la direction de Suzanne Dracius, mi-essai politico-philosophique, mi-recueil de nouvelles offrant l’agrément de la narration, mi-anthologie poétique réunissant, entre autres, quelques membres du PEF : Catherine Cusset​, Madeleine Monette​, Emeline Pierre​…

Publié aux éditions Idem en septembre 2021.

D’un « Parlement » à l’autre, la commande dans l’écriture, par Sylvie Le Clech

D’un « Parlement » à l’autre, la commande dans l’écriture, par Sylvie Le Clech (juillet 2022)

En ce début d’été où les festivals reprennent de la vigueur, j’ai eu envie de partager très simplement quelques idées comparatives entre la commande photographique et celle de l’écriture, autour du mot « Parlement ».

L’occasion m’en est donnée par le « Parlement de la photographie », instance de débat des photographes professionnels accueillie cette année au Palais de Tokyo. Les photographes, dont le métier est en crise depuis des années, répondent présents à la commande photographique qui, loin d’être synonyme de formatage, permet de jouer avec les contraintes et de libérer une créativité individuelle qui rencontre la société de notre temps dans ce qu’elle peut aussi avoir de terrible. L’actualité en est la pourvoyeuse, à travers les événements dramatiques connus par l’Ukraine.

Nous autres écrivaines, sommes aussi réunies en « Parlement » depuis 2018, et avons écrit séparément ou en ligne, collectivement, sur les sujets qui touchent la situation des femmes aujourd’hui comme hier.

Tout comme les photographes qui pratiquent une esthétique et une écriture visuelle, nous pouvons retourner vers nos visions intérieures, celles de notre chambre noire, la « camera » et nous poser la question de l’importance dans nos vies littéraires de la commande, et si elle constitue, comme pour les photographes, un « déclencheur d’esthétiques » (Guy Tortosa).

Cette question a été abordée très récemment, en 2020, par Eléonore Devevey, à propos des « affres » et la « phobie » éprouvées par le surréaliste André Breton et l’anthropologue Michel Leiris. Dans son article en ligne (https://doi.org/10.4000/contextes.9701), A l’épreuve de la commande, Genèse de L’Art magique d’André Breton et d’Afrique noire : la création plastique de Michel Leiris. L’autrice interroge les « injonctions contradictoires »  communes à ces deux monstres sacrés, « entre adaptation aux exigences du commanditaire et souveraineté du commandité, entre désir d’autonomie et besoin de renfort externe, entre conformisme et subversion », dans le contexte intellectuel de leur époque, l’après-guerre.

Nous nous croyons plus souvent portées à être nos propres commanditaires, puisant dans l’imaginaire ou le désir d’écrire l’histoire, une force qui n’aurait pas besoin de commande extérieure à nous-même. C’est peut-être car nous aussi, comme Breton et Leiris sommes en prise avec nos conflits intérieurs.

Nombreuses pourtant sont les écrivaines, qui, pour bâtir un récit de fiction, partent d’abord d’un univers familier qu’elles « photographient » de manière intérieure, presque documentaire, pour le transformer en esthétique à partager.

Nombreuses sont les historiennes pour qui le réel d’aujourd’hui invite à l’humilité pour comprendre le réel d’hier.

Nombreuses sommes-nous à produire durant nos sessions de Parlement à Orléans, une œuvre collective au cours des lectures, tables-rondes et textes sur le site, qui interrogent la société à ces moments précis de « Parlement », comme le font les photographes actuellement.

Ces formes de commandes culturelles permettent aussi au Parlement de faire Parlement et d’intégrer les nouvelles venues dans des moments de rencontres avec les publics. Que fait enfin la commande dans ce processus de création littéraire qui passe pour le plus solitaire qui soit ? Si nous raisonnons comme des juristes, aucune commande, relation contractuelle de l’autrice avec son commanditaire, ne bride la liberté de création de l’autrice.

Pour les photographes, souvenons-nous des commandes de la régie Renault  qui ont fourni à Robert Doisneau ses mythiques clichés ou plus récemment les commandes de la DATAR qui ont permis à Raymond Depardon de nous livrer un portrait sensible d’une France rurale en mutation, aux antipodes des « clichés » sur les ouvriers et les paysans. La liberté de création est même une garantie renouvelée avec force de loi en 2016. Seules les modalités de la « commande » peuvent affaiblir le surgissement créateur de ces récits à peine nés.

A méditer grâce au lien qui m’inspira cette divagation estivale spontanée : https://www.culture.gouv.fr/Actualites/Parlement-de-la-photographie-le-monde-de-la-photographie-sur-tous-les-fronts

Soyons, comme les photographes du Parlement de la photographie, « sur tous les fronts ».

Sylvie Le Clech, juillet 2022

Claudine Monteil : Soutien aux droits des femmes aux États-Unis

Suite aux décisions de la Cour Suprême américaine, la chaîne de télévision, Claudine Monteil est intervenue sur BFMTV ce samedi soir 25 juin pendant vingt minutes sur les droits des femmes aux États-Unis, en France et en Europe ainsi que sur ses engagements avec Simone de Beauvoir pour faire progresser les droits des femmes en France.

Vidéo de l’intervention sur BFMTV ce samedi 25 juin 2022 : 

https://www.bfmtv.com/societe/l-interview-de-claudine-monteil-militante-feministe-biographe-et-amie-de-simone-de-beauvoir_VN-202206250286.html

Claudine Monteil 

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